Les pièges M-44, surnommés "bombes de cyanure", sont surtout utilisés par des agences fédérales. D'aspect semblable à des arroseurs automatiques, ils projettent du cyanure de sodium lorsqu'un animal en mord l'extrémité, équipée d'un appât. Le gouvernement avait suspendu leur utilisation l'an dernier après que l'un de ces pièges eut blessé un enfant et tué son chien dans l'Idaho. La famille avait alors porté plainte. Annoncée cette semaine dans le registre fédéral américain, la levée de l'interdiction des pièges M-44 a provoqué la colère de groupes de défense de l'environnement. "Ils sont incroyablement dangereux pour les gens, leurs animaux de compagnie et les espèces menacées. Trop dangereux pour être utilisés", a dénoncé jeudi auprès de l'AFP Collette Adkins, de l'association Center for Biological, basée dans l'Arizona. Elle accuse "l'industrie de l'élevage intensif" d'avoir fait pression sur l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) pour que les pièges M-44 soient à nouveaux autorisés. Selon des données gouvernementales, ces pièges ont tué 6.579 animaux en 2018, dont plus de 200 n'étant pas destinés à être abattus, parmi lesquels des opossums, des ratons-laveurs et un ours. "Ces chiffres minimisent grandement la réalité", estime le Center for Biological Diversity dans un communiqué. L'EPA a accompagné la levée de l'interdiction des pièges M-44 de certaines conditions. Ils ne doivent notamment pas être installés à moins de 30 mètres d'une route et doivent être signalés par un panneau d'avertissement. Ce qui ne devrait pas empêcher les morts d'animaux non ciblés. (Belga)