"Je peux dire avec 99% de certitude que (le sommet de) Paris n'aura pas lieu", a déclaré Aleksandar Vucic cité par l'agence Beta. Les relations entre Pristina et Belgrade sont exécrables et le processus de normalisation de leurs relations est dans une impasse. Pour reprendre les discussions, la Serbie exige que le Kosovo lève ses droits de douane de 100% imposés à ses produits depuis fin 2018. Le Kosovo réplique qu'il ne le fera qu'en cas de reconnaissance de son indépendance par la Serbie. "Les Albanais (du Kosovo) ne sont pas prêts à parler de quoi que ce soit d'important et ont voulu (...) adresser un message aux Allemands et aux Français, que les Européens ne sont pas ceux qui doivent résoudre le problème du Kosovo", a expliqué Aleksandar Vucic, cité par la télévision nationale (RTS). Français et Allemands ont compris le message et "je pense que leur décision est qu'il n'y aura pas de réunion", a-t-il poursuivi. "Si Pristina refuse absolument de lever les droits de douane, je ne vois par de raison de tenir cette réunion", a de son côté dit mercredi la Première ministre Ana Brnabic, lors d'une visite à Paris. "L'absence de volonté (de Belgrade) d'aboutir à une reconnaissance mutuelle, voilà l'obstacle, pas les droits de douane", a récemment dit son homologue kosovar Ramush Haradinaj. En début de semaine, le président Hashim Thaçi avait répété son souhait que les Américains, premiers soutiens du Kosovo, soient inclus dans le processus de discussions aux côtés de l'Union européenne, imputant l'échec d'un premier sommet à Berlin en avril à un défaut de "coordination avec les Etats-Unis". La Serbie a perdu le contrôle de sa province après une campagne occidentale de bombardements qui l'avait contrainte à en retirer ses troupes. Cela avait mis un terme à la guerre entre forces serbes de Slobodan Milosevic et guérilla indépendantiste kosovare albanaise (1998-99). Elle avait fait plus de 13.000 morts, dont environ 11.000 Kosovars albanais, 2.000 Serbes et plusieurs centaines de Roms. Placé sous protection internationale, le Kosovo avait déclaré son indépendance en 2008. Belgrade la refuse avec le soutien des Russes et des Chinois notamment. Cela ferme la porte de l'ONU au Kosovo, malgré sa reconnaissance par plus de 110 pays. (Belga)