Le député fédéral n'aurait en effet pas obtenu de tels scores électoraux, sans avoir tissé une large toile d'élus locaux et régionaux et sans que le PS bruxellois ne se serve du communautarisme comme arme électorale depuis 30 ans. Cette affaire Kir reflète aussi de profondes divisions internes. On se souvient de la virulence de la campagne pour la tête de la fédération bruxelloise du PS et on se souvient aussi que Rachid Madrane, qui a perdu cette course, a publiquement marqué sa "solidarité" à Emir Kir avant son exclusion. La semaine dernière, la députée Simone Susskind lançait un appel contre d'autres députés bruxellois en déclarant que des députés Koyuncu, Temiz et Dönmez "devraient aussi s'expliquer" et ce week-end encore, on a vu le député Emin Ozkara quitter le PS. Si on ajoute à cela le manque de fermeté que le PS a eu à l'époque contre le député Ikazban qui traitait Claude Moniquet d'"ordure sioniste", on peut évidemment comprendre que la division ne fait que commencer au sein du PS bruxellois... Et de nombreuses questions vont se poser dans les prochains jours : comment le PS bruxellois va-t-il traiter tous les élus de Saint-Josse qui, même après l'exclusion d'Emir Kir par les instances du parti, ont décidé de le soutenir? Comment le parti va-t-il gérer la perte plausible du mayorat de Saint-Josse dans ces conditions ? Comment va-t-il sévir contre des élus locaux communautaristes présents au niveau communal et régional ?

Le parti socialiste est tombé dans son propre piège. A force de souffler sur le communautarisme, il s'est fait dépasser par les dérives que cela a créées. Le PS a, depuis longtemps, tout misé sur les électeurs issus de l'immigration pour compenser leurs pertes des classes populaires traditionnelles. Les chiffres sont éloquents. Sur les 16 députés que le PS a réussi à élire aux dernières élections, 11 sont issus de l'immigration et encore cela aurait dû être plus. Un député comme Julien Uyttendaele est élu, car il a été bien placé sur la liste à la 10e place, mais ce n'est pas une machine à voix. La députée Delphine Chabbert est à la 4e place, mais fait deux fois moins de voix que Hassan Koyuncu pourtant lui placé à la 25e place et quasiment le même score que Mourad Maimouni, non élu et placé lui à la 49e place. Tout cela montre que le PS bruxellois a plus besoin de ses députés issus de l'immigration que l'inverse. Sans eux, le PS serait totalement affaibli, et certains des 5 députés non issus de l'immigration n'auraient même pas décroché de sièges.

Les conséquences du dossier Kir vont être considérables pour le PS. Le CDH bruxellois ne s'est jamais remis de l'exclusion de Mahinur Ozdemir et l'onde de choc chez les socialistes sera encore plus forte après l'exclusion de Kir, car les socialistes avaient encore plus misé sur le communautarisme que le CDH. C'est finalement le socialiste Charles Picqué qui résume le mieux la situation dans l'Echo de ce week-end en affirmant à propos de l'affaire Kir doit déboucher sur un débat plus large concernant le vote communautaire afin de ne plus être "captif d'un électorat lui-même captif d'une propagande contraire aux valeurs du parti". Tel va être le défi pour les socialistes bruxellois : se réinventer pour ne plus être captif de cet électorat et finalement y être soumis en trahissant ses valeurs.

Si tout le monde commente cette affaire en disant que l'impact sera puissant au PS avec de prochaines exclusions ou démissions possibles d'autres élus tout aussi problématiques qu'Emir Kir, ce dossier va toucher l'ensemble la gauche bruxelloise, car toute la gauche bruxelloise a joué la carte du communautarisme et y a trahi ses valeurs. Si le PS bruxellois commence à faire le ménage en son sein, il n'acceptera plus que d'autres partis comme Ecolo jouent cette carte communautariste et le PS commencera également à dénoncer les candidats d'autres listes qui posent problème. Jusqu'à présent, c'était le contraire, toute la gauche faisait de la place à des profils très contestés uniquement par calcul électoral. Le parti Ecolo bruxellois est tenté par le communautarisme, on l'a vu aux dernières élections à Bruxelles. Si le parti Ecolo devient le nouveau refuge des communautaristes de tous bords, il deviendra comme le PS, à savoir un parti qui augmente un peu ses scores dans certaines communes, mais qui n'arrive plus à convaincre dans la majorité des communes du Sud de Bruxelles. Cet argument a dû sans doute jouer aussi dans la réflexion du PS. La haute hiérarchie a été effrayée des scores pathétiques du PS dans certaines communes bruxelloises et a déclaré publiquement vouloir tenter de réinvestir ces communes. Pour cela, il était plus que nécessaire de mettre fin à l'image d'un parti prônée par des éléments comme Kir.

Le paysage politique bruxellois va sans doute se recomposer. Il sera moins facile pour la gauche de maintenir cet aveuglement face à certaines pratiques. Il n'est pas exclu non plus qu'une nouvelle formation politique émerge et qu'Emir Kir rassemble tous les élus susceptibles de flirter avec le communautarisme. Il est certain que cette affaire marquera un tournant dans le paysage politique bruxellois, mais ce n'est que dans les prochaines semaines et années que nous en verrons toute la portée.

Le député fédéral n'aurait en effet pas obtenu de tels scores électoraux, sans avoir tissé une large toile d'élus locaux et régionaux et sans que le PS bruxellois ne se serve du communautarisme comme arme électorale depuis 30 ans. Cette affaire Kir reflète aussi de profondes divisions internes. On se souvient de la virulence de la campagne pour la tête de la fédération bruxelloise du PS et on se souvient aussi que Rachid Madrane, qui a perdu cette course, a publiquement marqué sa "solidarité" à Emir Kir avant son exclusion. La semaine dernière, la députée Simone Susskind lançait un appel contre d'autres députés bruxellois en déclarant que des députés Koyuncu, Temiz et Dönmez "devraient aussi s'expliquer" et ce week-end encore, on a vu le député Emin Ozkara quitter le PS. Si on ajoute à cela le manque de fermeté que le PS a eu à l'époque contre le député Ikazban qui traitait Claude Moniquet d'"ordure sioniste", on peut évidemment comprendre que la division ne fait que commencer au sein du PS bruxellois... Et de nombreuses questions vont se poser dans les prochains jours : comment le PS bruxellois va-t-il traiter tous les élus de Saint-Josse qui, même après l'exclusion d'Emir Kir par les instances du parti, ont décidé de le soutenir? Comment le parti va-t-il gérer la perte plausible du mayorat de Saint-Josse dans ces conditions ? Comment va-t-il sévir contre des élus locaux communautaristes présents au niveau communal et régional ? Le parti socialiste est tombé dans son propre piège. A force de souffler sur le communautarisme, il s'est fait dépasser par les dérives que cela a créées. Le PS a, depuis longtemps, tout misé sur les électeurs issus de l'immigration pour compenser leurs pertes des classes populaires traditionnelles. Les chiffres sont éloquents. Sur les 16 députés que le PS a réussi à élire aux dernières élections, 11 sont issus de l'immigration et encore cela aurait dû être plus. Un député comme Julien Uyttendaele est élu, car il a été bien placé sur la liste à la 10e place, mais ce n'est pas une machine à voix. La députée Delphine Chabbert est à la 4e place, mais fait deux fois moins de voix que Hassan Koyuncu pourtant lui placé à la 25e place et quasiment le même score que Mourad Maimouni, non élu et placé lui à la 49e place. Tout cela montre que le PS bruxellois a plus besoin de ses députés issus de l'immigration que l'inverse. Sans eux, le PS serait totalement affaibli, et certains des 5 députés non issus de l'immigration n'auraient même pas décroché de sièges. Les conséquences du dossier Kir vont être considérables pour le PS. Le CDH bruxellois ne s'est jamais remis de l'exclusion de Mahinur Ozdemir et l'onde de choc chez les socialistes sera encore plus forte après l'exclusion de Kir, car les socialistes avaient encore plus misé sur le communautarisme que le CDH. C'est finalement le socialiste Charles Picqué qui résume le mieux la situation dans l'Echo de ce week-end en affirmant à propos de l'affaire Kir doit déboucher sur un débat plus large concernant le vote communautaire afin de ne plus être "captif d'un électorat lui-même captif d'une propagande contraire aux valeurs du parti". Tel va être le défi pour les socialistes bruxellois : se réinventer pour ne plus être captif de cet électorat et finalement y être soumis en trahissant ses valeurs. Si tout le monde commente cette affaire en disant que l'impact sera puissant au PS avec de prochaines exclusions ou démissions possibles d'autres élus tout aussi problématiques qu'Emir Kir, ce dossier va toucher l'ensemble la gauche bruxelloise, car toute la gauche bruxelloise a joué la carte du communautarisme et y a trahi ses valeurs. Si le PS bruxellois commence à faire le ménage en son sein, il n'acceptera plus que d'autres partis comme Ecolo jouent cette carte communautariste et le PS commencera également à dénoncer les candidats d'autres listes qui posent problème. Jusqu'à présent, c'était le contraire, toute la gauche faisait de la place à des profils très contestés uniquement par calcul électoral. Le parti Ecolo bruxellois est tenté par le communautarisme, on l'a vu aux dernières élections à Bruxelles. Si le parti Ecolo devient le nouveau refuge des communautaristes de tous bords, il deviendra comme le PS, à savoir un parti qui augmente un peu ses scores dans certaines communes, mais qui n'arrive plus à convaincre dans la majorité des communes du Sud de Bruxelles. Cet argument a dû sans doute jouer aussi dans la réflexion du PS. La haute hiérarchie a été effrayée des scores pathétiques du PS dans certaines communes bruxelloises et a déclaré publiquement vouloir tenter de réinvestir ces communes. Pour cela, il était plus que nécessaire de mettre fin à l'image d'un parti prônée par des éléments comme Kir.Le paysage politique bruxellois va sans doute se recomposer. Il sera moins facile pour la gauche de maintenir cet aveuglement face à certaines pratiques. Il n'est pas exclu non plus qu'une nouvelle formation politique émerge et qu'Emir Kir rassemble tous les élus susceptibles de flirter avec le communautarisme. Il est certain que cette affaire marquera un tournant dans le paysage politique bruxellois, mais ce n'est que dans les prochaines semaines et années que nous en verrons toute la portée.