M. Juncker n'est pas encore parti, puisque celle appelée à lui succéder, l'allemande Ursula von der Leyen, a vu son entrée en fonction prévue le 1er novembre prochain reportée. Le Luxembourgeois devrait donc être encore présent lors de la plénière de novembre, mais en affaires courantes. En dressant un bilan de son action à la tête de l'exécutif européen entre 2014 et 2019, le Luxembourgeois a évoqué quelques déceptions, comme celles de ne pas avoir réussi à faire avancer la réunification chypriote, ne pas avoir conclu de traité avec la Suisse ou ne pas avoir réussi à parfaire l'Union bancaire. Au rang des réussites, il a placé la dimension sociale de l'Union - avec l'adoption du socle des droits sociaux ou la directive sur le détachement, deux dossiers de la commissaire belge Marianne Thyssen, NDLR -, la Grèce à laquelle a été rendue "la dignité qu'elle mérite" ou encore la relance des relations avec l'Afrique. L'un des plus cuisants échecs de l'UE, la politique d'asile et des réfugiés, ne figure pas parmi ceux de sa Commission, car c'est le Conseil qui provoque le blocage des réformes attendues, a-t-il sous-entendu. Jean-Claude Juncker s'est félicité des 15 nouveaux accords commerciaux conclus sous sa mandature. Il a souligné l'importance pour l'Europe de renforcer sa place sur la scène internationale, elle dont plus aucun État membre ne fera partie du G7 "dans quelques années". M. Juncker a rappelé non sans fierté l'accord qu'il a conclu à l'été 2018 en se rendant chez le président américain Donald Trump pour éviter une guerre commerciale... qui toutefois a connu un nouveau soubresaut récemment à travers le dossier Airbus. La Commission sortante a mis fin à l'inflation législative en "se concentrant sur l'essentiel", ce qui n'empêche pas le "préjugé tenace" selon lequel la Commission serait "tentaculaire", a ironisé le sexagénaire. "Tout a changé mais on fait comme si rien n'avait changé". Et le Luxembourgeois de mettre en avant les 7 années de croissance connues par l'Union, la création de 14 millions d'emplois, un chômage au plus bas depuis 2000 et un "plan Juncker" d'investissement de l'ordre de 432 milliards d'euros. "J'ai le sentiment de m'être démené, d'avoir apporté ma petite contribution" au projet européen, a-t-il dit. Au bord des larmes en remerciant son équipe de commissaires, il a ponctué son intervention - au cours de laquelle il n'aura prononcé aucun mot d'anglais ni évoqué le Brexit - en dénonçant "les nationalismes stupides et bornés". (Belga)