Depuis des semaines, on spécule sur l'éventuel changement de position entre Jambon et De Wever. La question n'avait jamais été soulevée auparavant, mais des discussions sur la formation flamande se profilent maintenant à l'horizon. Que ce soit déjà décidé, comme le déclarait le député indépendant Jean-Marie Dedecker dans Terzake, est prématuré, semble-t-il. "Nous n'en avons même pas discuté au sommet d'hier soir (NDLR : le jeudi 1er août)", déclare une source du sommet du parti "et en attendant, nous restons très discrets".

Une autre source proche de Jambon appelle à la prudence dans cette phase cruciale. "Il est dangereux de dire que c'est presque certain."

La décision finale ne peut être prise qu'à partir de cette semaine, puisque la formation flamande a été en attente pendant un mois. Lorsque la N-VA aura fait son choix pour une coalition, les négociations pourront commencer et il faudra un leader flamand.

Il appartiendra à Bart De Wever de faire une proposition à la direction du parti. "Comme cela se passe toujours, y compris dans ce casting du gouvernement, De Wever travaille en fonction de la thèse, l'antithèse, la synthèse. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il y aura une décision largement soutenue", explique un membre de la N-VA. Si Jambon doit être proposé comme ministre-président, les initiés ne s'attendent à aucune résistance, bien au contraire. Jambon lui-même est également prêt et disposé à assumer ce rôle.

Jambon a fait la campagne électorale en tant que tête de liste fédérale et candidat Premier ministre et le président Bart De Wever en tant que candidat au poste de ministre-président flamand. Si De Wever cède la Flandre à Jambon, il peut rester bourgmestre d'Anvers et président du parti. Jambon dirigera ensuite les pourparlers de la coalition flamande et prêtera ensuite serment, tandis que De Wever, en sa qualité de président, sera l'interlocuteur au sein de la formation fédérale, qui durera très probablement beaucoup plus longtemps que la formation flamande. "C'est également la répartition juste et logique des rôles. Le fédéral peut traîner longtemps, Jambon peut diriger la Flandre avec son profil de bon administrateur, tandis que De Wever, en tant que président, a le profil politique pour soulever les questions fédérales", dit-il.

Jan Jambon ne serait donc pas Premier ministre. Cependant, il est encore plus improbable qu'en 2014 que la N-VA livre le Premier ministre au niveau fédéral. La question ne se posera donc tout simplement pas. Le positionnement des deux dirigeants a été un choix stratégique en janvier pour faire porter la campagne électorale aux deux niveaux par les personnages les plus forts. Jambon ambitionnait le poste de Premier ministre. Si ce n'est pas le cas, c'est dommage, selon la N-VA, qu'il ne puisse jouer de rôle majeur. D'où le choix de la Flandre.

La N-VA devra se justifier de ne pas lâcher la Belgique suite au déménagement de Jambon, car cette décision causera également un choc dans la formation de coalition fédérale. Jusqu'à présent, Jambon y siégeait. Cela peut créer l'impression que le candidat au poste de Premier ministre veut sauver les meubles et opte pour la Flandre pour cette raison.

Cependant, Bart De Wever peut continuer à agir en tant qu'interlocuteur de la N-VA pour les informateurs fédéraux, et le poids lourd Theo Francken peut également continuer à diriger les négociations. Cela doit fournir au parti la preuve suffisante qu'il prend la formation belge au sérieux et qu'il ne se replie pas - ou pas encore - sur la Flandre.