Jambon a déclaré, entre autres, qu'il y a effectivement des tables budgétaires flamandes, comme l'a demandé l'opposition après la déclaration du gouvernement de mercredi : " Au fait, nous avons ces tableaux. Ils sont dans un dossier sur mon bureau à la place des Martyrs. Mais le fait que l'opposition l'exige, me donne juste envie de ne pas les donner. J'ai fait une déclaration gouvernementale, pas une histoire budgétaire", se défend Jambon.

Jambon s'est par ailleurs exprimé avec force au sujet de la formation fédérale : " ce pays n'est plus un pays ", a-t-il dit, faisant référence aux différents résultats des élections dans les deux parties du pays. Il a également plaisanté au sujet de la formation d'un gouvernement au niveau fédéral: " Je regarderai d'ici la formation d'un gouvernement fédéral, si jamais cela se reproduit : pour moi ce n'est pas une obligation."

Le Premier ministre a également longuement abordé les discussions que la N-VA a eues avec le Vlaams Belang : " Était-il concevable de former un gouvernement avec le Vlaams Belang ? En ce qui me concerne, il était tout à fait concevable de le faire. Et je peux vous dire : nous avons essayé sérieusement, il y a eu beaucoup de conversations. Mais la base de la politique c'est l'arithmétique : il faut 63 sièges. Ensemble, nous avons manqué de 5 sièges."

M. Jambon a également taclé Groen : " Des dirigeants qui bavardent toute la journée et qui progressent ensuite de 0,1 % aux élections : alors je rirai vert ".

Le refus de fournir les chiffres budgétaires avait déjà suscité l'ire de Groen, du sp.a et du PVDA dans l'opposition au parlement flamand au cours des jours passés. Le ministre-président Jan Jambon (N-VA) avait fait savoir qu'il transmettrait "les chiffres nécessaires" au Parlement au plus tard pour lundi après-midi, afin qu'un débat sur le sujet puisse avoir lieu mardi en commission. Liesbeth Homans (N-VA), présidente du parlement, a aussi indiqué que les tableaux budgétaires ne pouvaient pas être exigés de la sorte avant le débat de vendredi en plénière qui devrait porter sur "les contours du budget".

La déclaration de jeudi soir de M. Jambon a courroucé davantage les partis d'opposition qui ont vivement réagi. "Cela est indigne d'un ministre-président. Indigne de la Flandre", a commenté en retour sur Twitter la présidente de Groen, Meryem Almaci.

Conner Rousseau, chef de groupe du SP.A, a exigé une réaction de la présidente parlementaire Liesbeth Homans (N-VA) via Twitter : " Si Liesbeth Homans se prend au sérieux, elle demande des chiffres ou reporte le débat. Sinon, VL devient officiellement une dictature. Dégoutant. C'est le Parlement qui contrôle le Ministre Président, et non l'inverse. Le président du parti PVDA, Jos D'Haese, a aussi déploré le "mépris" du nationaliste. "Pas de budget demain? Pas de débat. Jan Jambon fait un doigt d'honneur à l'ensemble du parlement et de la société. Ce n'est pas digne d'un état constitutionnel démocratique ".