Après quelques difficultés pour le taxi à dénicher l'aéroport, nous arrivons enfin à Melsbroek, pas fâchée de quitter la pluie glaciale de novembre pour la chaleur et le soleil du Mali. Avec un léger retard, dû à l'agenda chargé du Premier ministre, on embarque pour Bamako dans un Airbus A321 de l'armée belge, occupé par une quarantaine de personnes. Pendant le trajet, les trois ministres quittent la classe business pour discuter avec les journalistes, installés à l'arrière de l'appareil.
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Après quelques difficultés pour le taxi à dénicher l'aéroport, nous arrivons enfin à Melsbroek, pas fâchée de quitter la pluie glaciale de novembre pour la chaleur et le soleil du Mali. Avec un léger retard, dû à l'agenda chargé du Premier ministre, on embarque pour Bamako dans un Airbus A321 de l'armée belge, occupé par une quarantaine de personnes. Pendant le trajet, les trois ministres quittent la classe business pour discuter avec les journalistes, installés à l'arrière de l'appareil. La première image du continent africain est absolument magnifique : le ciel qui flamboie au-dessus de la plaine désertique du Mali. À leur descente à Bamako, les ministres belges sont accueillis par le Premier ministre malien, Abdoulaye Idrissa Maiga, accompagné de nombreux officiels. Après les formalités de rigueur, la délégation quitte l'aéroport sous escorte pour l'hôtel où logent également les ministres.Malgré l'obscurité tombée, l'état de Bamako rappelle que le Mali est un des pays les plus pauvres du monde, classé 175e sur 188 sur l'indice de développement humain. Après un bref passage à l'hôtel, placé sous haute sécurité, la délégation prend la direction de l'hôtel Salam où le Premier ministre malien offre un dîner à ses hôtes belges.Le lendemain, c'est la visite de la base militaire de Koulikoro. Les ministres couvrent la distance en hélicoptère, mais le reste de la délégation s'y rend par la route, dûment escortée par des militaires belges et espagnols, soucieux de ne prendre aucun risque dans un pays en proie à des débordements sécuritaires. Avant de partir, on nous répète plusieurs fois de ne sortir "en aucun cas de la voiture".La base est située à une soixantaine de kilomètres de la capitale malienne. Avec un trafic dense et un terrain difficile (la route est encore en construction par endroits), le trajet prend 1h45. Sur le chemin parfois très accidenté, on observe les échoppes bricolées à la hâte, les enfants pieds nus, les femmes partant faire leurs lessives et les charrettes tirées par de petits ânes chétifs.Sur place, une rencontre avec les militaires belges nous permet de nous faire une idée de la vie à la base de Koulikoro. Après quelques instants d'attente, on assiste à l'arrivée en hélicoptère des trois ministres dont l'atterrissage soulève un nuage de poussière. Un démonstration d'intervention dans un village abandonné situé à un kilomètre de la base nous permet de nous rendre compte de l'effort que doit représenter la pratique de tels exercices sous un soleil de plomb et par une chaleur qui avoisine les 37 degrés.De retour à Bamako, la délégation part pour le palais présidentiel où les ministres rencontrent le président Ibrahim Boubacar Keïta. Après un temps d'attente et une courte conférence de presse, les délégations belge et luxembourgeoise se séparent et Charles Michel et Alexander De Croo se rendent au Centre national d'appareillage orthopédique du Mali, un projet soutenu par la Belgique par le biais d'Handicap international et de la Croix-Rouge.En mai dernier, le ministre à la Coopération et au Développement Alexander De Croo a en effet décidé de soutenir un projet baptisé "IMP&ACTE 3D" dont le but est d'appliquer la technologie d'impression 3D pour la production d'orthèses au Togo, au Mali et au Niger.À Bamako, les orthèses ne sont pas encore imprimées en 3D, mais la visite du centre est l'occasion d'en apprendre davantage sur la fabrication de ces appareillages. Le spectacle poignant d'un petit garçon privé d'une jambe et obligé de réapprendre à marcher avec une orthèse permet rappelle la nécessité vitale de tels projets pour les victimes d'accidents de la route, d'attentats et de mines antipersonnelles.À l'heure actuelle, sur les 30 millions de personnes à faible revenu du continent africain qui auraient besoin d'un membre artificiel ou d'un membre orthopédique, seuls 5 à 10% bénéficient de cette possibilité.Après une photo de groupe, il est temps de rejoindre l'aéroport de Bamako où les délégations belge et luxembourgeoise s'envolent pour Abidjan, en Côte d'Ivoire, où se tient le cinquième sommet Union européenne - Union africaine. À l'aéroport, Alexander De Croo nous fait ses adieux: il ne nous accompagne pas à Abidjan, mais rentre dans la soirée à bord d'un vol Air France.Environ une heure et demie plus tard, nous atterrissons à l'aéroport d'Abidjan, où la situation est assez chaotique. Après un temps d'attente dû à une série de problèmes logistiques, on descend enfin de l'avion pour s'entasser tant bien que mal dans un petit bus avant de s'entendre dire que finalement il faut descendre et prendre un autre bus. Un court trajet et on arrive à l'hôtel épuisée par une journée riche en événements.Le lendemain, on se rend au prestigieux hôtel Ivoire où se tient le Sommet. Après avoir été harponnée par un journaliste désireux de savoir ce que l'Europe comptait faire pour la jeunesse africaine, le thème de ce Sommet, on trouve enfin l'espace dédié à la presse d'où on suivra en direct les discours des dirigeants. La traditionnelle photo de famille nous offre l'occasion d'échapper un instant de la chaleur de la tente où s'activent les journalistes. Un smartphone à la main et reléguée derrière trois rangées de photographes et de cameramen, on réussit tout de même à entrevoir le Premier ministre belge Charles Michel, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, le roi Mohammed VI du Maroc, la chandelière allemande Angela Merkel et le président français, la "star" Emmanuel Macron.Au cours de la journée, la porte-parole de Charles Michel nous apprend que le retour en Belgique du lendemain est avancé de quelques heures. Le départ de l'hôtel est prévu à 7h30. Après un check-out fastidieux et écourté par l'entourage de Charles Michel, les journalistes sont conduits au Sommet pour rejoindre le convoi des Premiers ministres belge et luxembourgeois. On y apprend que Louis Michel, également en Côte d'Ivoire, rentrera en Belgique avec son fils. Avant d'embarquer, on patiente dans le bus le temps de faire le plein de l'avion (même si les ministres ne s'en soucient guère et montent tout de même à bord). Une fois à bord, c'est la nourriture qu'on attend avant de décoller enfin pour Melsbroek. Après un voyage sans encombre durant lequel Charles Michel nous révèle un "scoop" - il se rendra en Russie fin janvier pour y rencontrer Poutine -la neige et la température de 0 degré qui règnent sur la Belgique nous font vite regretter le soleil du Mali...