Près de 6O% de ces militants ont voté en faveur de M. Salvini, dont le parti gouverne l'Italie depuis juin en coalition avec le M5S. Plus de 52.000 d'entre eux ont participé à ce scrutin organisé de 09H00 GMT à 20H30 GMT sur la plateforme "Rousseau". "Le nombre élevé de votants démontre encore une fois que Rousseau fonctionne et confirme la pertinence de notre instrument de démocratie directe", s'est félicité le vice-Premier ministre Lugi Di Maio, chef de file du M5S. La décision, inédite d'organiser ce vote, a toutefois fortement divisé la formation antisystème, dont les dirigeants et ceux de la Ligue avaient indiqué qu'elle pourrait aboutir à une crise gouvernementale en cas de vote défavorable au ministre de l'Intérieur. Le tribunal des ministres (autorité compétente pour les membres du gouvernement) de Catane (sud) a engagé une procédure pour "séquestration de personnes" à l'encontre de M. Salvini, accusé d'avoir interdit pendant plusieurs jours le débarquement de 177 migrants secourus en août par le Diciotti, un navire des garde-côtes italiens. Les migrants avaient finalement été répartis dans plusieurs pays de l'UE. La décision finale d'autoriser ou non la justice à poursuivre le ministre revient toutefois à une commission sénatoriale qui doit se réunir mardi, puis au Sénat dans son ensemble, où le M5S et la Ligue ont la majorité. Le M5S, fort du résultat de ce vote en ligne, devrait donc refuser avec la Ligue, que ces poursuites soient engagées. Le choix du M5S de demander leur avis à ses adhérents a fracturé le mouvement antisystème - fondé sur les principes de transparence, de probité et de démocratie participative - entre les "purs et durs" qui considèrent que rien ne doit faire obstacle à la justice, et les "réalistes" qui estiment que M. Salvini devait éviter ce procès, sous peine de voir la coalition gouvernementale éclater. (Belga)