Contrairement aux différents autres inculpés dans le dossier des faits de corruption survenus dans le cadre de la construction de l'incinérateur de déchets à Herstal, Alain Mathot n'avait pas encore été renvoyé devant le tribunal correctionnel pour répondre des faits qui lui sont reprochés. Son immunité parlementaire n'avait pas été levée et la procédure contre lui avait été suspendue.

Dans l'intervalle, plusieurs prévenus ont été jugés pour les faits devant le tribunal correctionnel avec un jugement intervenu devant le tribunal de première instance en juin 2018 puis devant la cour d'appel de Liège, avec un arrêt prononcé le 1er juillet 2019. En jugeant les autres prévenus, la justice liégeoise a déjà fait part de son analyse, tant en première instance qu'en appel, sur le rôle qu'il aurait endossé dans l'affaire et sur le fait qu'il aurait touché 700.000 euros dans le cadre de faits de corruption.

Depuis qu'il n'est plus député, la justice liégeoise a relancé la procédure à son encontre et souhaite obtenir son renvoi devant le tribunal correctionnel. L'ex-député-bourgmestre de Seraing était convoqué mercredi en chambre du conseil de Liège dans le cadre de cette procédure. Mais Alain Mathot a mandaté un nouvel avocat pour le défendre. Me Jean-Philippe Mayence a sollicité et obtenu le report de l'affaire. Il a introduit devant la cour de cassation une requête en dessaisissement pour cause de suspicion légitime à l'égard de la justice liégeoise.

"L'affaire doit être jugée dans la sérénité et nous estimons que cela ne peut pas être le cas à Liège, où il existe des inimitiés majeures à l'égard d'Alain Mathot. Il est étonnant que, dans deux décisions, la justice a déjà apprécié sa culpabilité alors qu'il n'était pas présent. C'est contraire aux règles les plus élémentaires. Nous imaginons mal qu'il puisse être jugé à Liège dans la sérénité. La précipitation avec laquelle le parquet général veut juger Alain Mathot depuis qu'il n'est plus député interpelle", a indiqué Me Mayence.

La chambre du conseil a reporté l'affaire au 13 septembre, pour l'aménagement éventuel d'un calendrier de procédure. Mais la suite de la procédure dépend désormais de la cour de cassation. L'affaire sera plaidée sur la recevabilité de la demande de dessaisissement le 7 août prochain. Le fondement de cette demande serait encore plaidé à une date ultérieure.