Cette arrestation suivie d'une garde à vue est "une nouvelle atteinte à la liberté de la presse, mais aussi au secret des sources, pierre angulaire de notre profession (...) Les journalistes ne peuvent tolérer d'être régulièrement pris pour cibles par les forces de l'ordre dans le cadre de l'exercice de leur métier", soulignent les signataires du communiqué. Le texte a été signé par 17 sociétés de journalistes ou de rédacteurs d'Arte, BFMTV, Courrier international, Les Echos, l'Express, France Culture, Franceinfo.fr, France 24, l'Humanité, Libération, Mediapart, Le Monde, l'Obs, Sud Ouest, Télérama, TV5 Monde, l'AFP, et la rédaction du site Les Jours. Le journaliste militant Taha Bouhafs s'est fait interpeller mardi alors qu'il couvrait une manifestation de soutien à des travailleurs sans-papiers à Alfortville (Val-de-Marne). "Outre des blessures plus superficielles, les violences causées par les fonctionnaires de police au cours de l'interpellation ont causé un déboîtement de l'épaule gauche de M. Bouhafs", selon son avocat Arié Alimi. Après une nuit en garde à vue, le journaliste de 22 ans s'est vu remettre une convocation pour être jugé début 2020, pour "outrage et rébellion sur une personne dépositaire de l'autorité publique", selon le parquet de Créteil. Les journalistes protestent également dans leur communiqué contre la mise sous scellés du téléphone portable avec lequel Taha Bouhafs a filmé son arrestation. M. Bouhafs est connu pour avoir filmé un ex-collaborateur d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, en train de violenter un couple place de la Contrescarpe à Paris le 1er mai 2018. Le site d'informations Là-bas si j'y suis, qui emploie M. Bouhafs, avait dénoncé dans un communiqué une "interpellation abusive" et la "répétition" d'"intimidations policières". (Belga)