Lors d'un contrôle sur la législation de la maison d'art ouverte Globe Aroma, sept sans-papiers ont été arrêtés vendredi en fin de journée, selon le porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles Olivier Slosse. Cette organisation à but non lucratif est connue pour son travail artistique avec les réfugiés, les demandeurs d'asile et les nouveaux arrivants. Un contrôle qui inquiète parmi les organisations bruxelloises qui travaillent régulièrement avec des personnes sans domicile légal.
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Lors d'un contrôle sur la législation de la maison d'art ouverte Globe Aroma, sept sans-papiers ont été arrêtés vendredi en fin de journée, selon le porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles Olivier Slosse. Cette organisation à but non lucratif est connue pour son travail artistique avec les réfugiés, les demandeurs d'asile et les nouveaux arrivants. Un contrôle qui inquiète parmi les organisations bruxelloises qui travaillent régulièrement avec des personnes sans domicile légal. "Ils se sont identifiés comme des inspecteurs sociaux et je les ai conduits dans les bureaux", explique Els Rochette, directeur artistique de Globe Aroma à De Morgen. "Selon eux, ce n'était pas un contrôle en profondeur, et quand je suis redescendu, dix policiers se sont levés pour surveiller nos visiteurs et cinq voitures de police étaient devant la porte." Sept personnes ont été emmenées pour manque de papiers de résidence. Cinq d'entre eux sont à nouveau libres, certains avec l'ordre de quitter le territoire, deux autres ont été conduits au centre fermé de Steenokkerzeel."Ils pensaient que c'était un lieu protégé pour eux" Pietro, militant CSC qui travaille auprès des sans-papiers, avance que deux des sans-papiers arrêtés étaient liés à son groupe : "Ce qui me semble nouveau, c'est de voir entrer la police dans une association où elle savait qu'elle allait trouver des sans-papiers. Ils pensaient que c'était un lieu protégé pour eux."Globe Aroma est en effet connue pour ses productions avec des migrants, pour lesquels elle reçoit des subventions de la Flandre, de la ville de Bruxelles et de la Région de Bruxelles-Capitale. Cela conduit à des coproductions avec des maisons de théâtre telles que Kaaitheater et Beursschouwburg. On ne demande pas si les participants ou les artistes ont des papiers.Olivier Slosse explique que l'opération de contrôle était un contrôle classique sur la législation. Ce type d'opérations est mené auprès de nombreux établissements avec des services de l'inspection sociale, fiscale, voire avec l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) pour la sécurité des aliments. Ils sont fréquents dans les établissements horeca. "Le contrôle cible la personne morale, mais les personnes présentes sont aussi contrôlées", explique Olivier Slosse. "Des personnes ont ici été privées de leur liberté parce qu'elles étaient là sans titre de séjour. Un rapport sera fait à l'Office des étrangers"."D'abord, les politiciens appellent à travailler avec les réfugiés et ensuite vous êtes utilisé comme un piège pour arrêter des personnes sans résidence légale", explique Rochette. Le ministre de la Culture Sven Gatz (Open VLD) ne souhaite pas réagir pour le moment. Selon la police de Bruxelles, le but n'était pas vérifier les titres de séjours. Le cabinet du ministre de l'Intérieur Jambon confirme que l'action s'inscrit dans cadre du plan canal. Un plan créé après l'attaque du Bataclan en 2015 pour détecter le terrorisme et la couverture criminelle à Molenbeek et a depuis été étendu à d'autres municipalités bruxelloises. Les visiteurs arrêtés à Globe Aroma étaient " au mauvais endroit au mauvais moment ", dit son porte-parole. "Je ne crois pas à cette explication", explique Guy Gypens, directeur du Kaaitheater au De Morgen. "Pourquoi faire une vérification administrative avec plus de dix agents?"Pas le seul cas De Morgen a par ailleurs appris qu'une autre organisation à Bruxelles avait également été contrôlée il y a quelques semaines. Le 24 janvier, l'Académie de Boxe de Bruxelles, connue pour ses activités sportives dans les quartiers difficiles, a elle aussi fait l'objet d'un contrôle. "Ils ont débarqué lors d'un cours avec 34 enfants entre 6 et 8 ans", explique Tom Flachet de BBA. "Quand j'ai demandé pourquoi ils étaient venus en force, ils ont dit:" Nous pensons que dix clandestins travaillent ici, alors nous devons être en mesure de les arrêter". Aucuns sans-papiers n'étaient présents à l'académie. Une source au gouvernement dit pourtant que les contrôles dans ce type d'organisation ne sont pas fait dans le but de trouver des personnes titre de séjour. L'accent est surtout mis sur les endroits où les passeurs de clandestins sont actifs, tels que les parkings routiers.