La RSPO, lancée par le WWF en 2004, est une certification volontaire qui vise à la production d'une huile de palme jugée durable par les groupes qui y prennent part. Ces dernières années, ING a notamment accordé un prêt de 15 millions d'euros au groupe Socfin et a soutenu le groupe dans l'émission d'un emprunt obligataire de 80 millions d'euros. Le groupe est dirigé par les Belges Hubert Fabri (président du CA et actionnaire majoritaire) et Luc Boedt (CEO). Le milliardaire français Vincent Bolloré est actionnaire à près de 38%. Aujourd'hui, après quinze ans d'existence du RSPO, seule la Socfindo, une branche indonésienne de la Socfin, est certifiée RSPO parmi les plantations d'huile de palme du groupe. La certification RSPO est critiquée par de nombreuses ONG, dont, en Belgique, Oxfam, Fian Belgique ou le CNCD, qui ont publié un rapport sur le sujet en février 2018. Elles dénoncent à ce titre un "mythe de l'huile de palme 100% durable". ING, sollicitée par le trimestriel, a refusé de commenter ses liens avec la société Socfin. En octobre, un collectif de 15 ONG avait organisé une action de protestation, au siège de la banque, pour dénoncer ses appuis financiers à des entreprises d'huile de palme telles que Socfin, alors qu'une campagne d'ING mettait en avant ses investissements prétendument durables. Hubert Fabri, quant à lui, a été acquitté en appel, en octobre dernier, de fraude fiscale et blanchiment d'argent, dans le cadre des activités de Socfin dans la production de caoutchouc et d'huile de palme en Afrique et en Asie du Sud-Est. En juin 2018, le tribunal correctionnel de Bruxelles avait jugé le volet "corruption" de cette enquête et condamné l'homme d'affaires, et plusieurs de ses collaborateurs, à des peines de 12 mois de prison avec sursis pour des agissements illicites à l'avantage d'une haute-fonctionnaire de la république de Guinée, aujourd'hui devenue ministre de l'Agriculture. Ces derniers ont fait appel du jugement. En Sierra Leone, où Médor a enquêté, de nombreux riverains regroupés au sein d'une organisation estiment avoir été lésés lors du processus de cession des terres au bénéfice du groupe Socfin. Les communautés n'ont plus aucune ressource, selon Fian Belgique, qui publie cette semaine un rapport sur ce conflit foncier. "Les 3.500 emplois précaires créés ne permettront jamais de compenser la perte des terres et des ressources naturelles pour les 32.000 personnes directement affectées", estime l'ONG. (Belga)

La RSPO, lancée par le WWF en 2004, est une certification volontaire qui vise à la production d'une huile de palme jugée durable par les groupes qui y prennent part. Ces dernières années, ING a notamment accordé un prêt de 15 millions d'euros au groupe Socfin et a soutenu le groupe dans l'émission d'un emprunt obligataire de 80 millions d'euros. Le groupe est dirigé par les Belges Hubert Fabri (président du CA et actionnaire majoritaire) et Luc Boedt (CEO). Le milliardaire français Vincent Bolloré est actionnaire à près de 38%. Aujourd'hui, après quinze ans d'existence du RSPO, seule la Socfindo, une branche indonésienne de la Socfin, est certifiée RSPO parmi les plantations d'huile de palme du groupe. La certification RSPO est critiquée par de nombreuses ONG, dont, en Belgique, Oxfam, Fian Belgique ou le CNCD, qui ont publié un rapport sur le sujet en février 2018. Elles dénoncent à ce titre un "mythe de l'huile de palme 100% durable". ING, sollicitée par le trimestriel, a refusé de commenter ses liens avec la société Socfin. En octobre, un collectif de 15 ONG avait organisé une action de protestation, au siège de la banque, pour dénoncer ses appuis financiers à des entreprises d'huile de palme telles que Socfin, alors qu'une campagne d'ING mettait en avant ses investissements prétendument durables. Hubert Fabri, quant à lui, a été acquitté en appel, en octobre dernier, de fraude fiscale et blanchiment d'argent, dans le cadre des activités de Socfin dans la production de caoutchouc et d'huile de palme en Afrique et en Asie du Sud-Est. En juin 2018, le tribunal correctionnel de Bruxelles avait jugé le volet "corruption" de cette enquête et condamné l'homme d'affaires, et plusieurs de ses collaborateurs, à des peines de 12 mois de prison avec sursis pour des agissements illicites à l'avantage d'une haute-fonctionnaire de la république de Guinée, aujourd'hui devenue ministre de l'Agriculture. Ces derniers ont fait appel du jugement. En Sierra Leone, où Médor a enquêté, de nombreux riverains regroupés au sein d'une organisation estiment avoir été lésés lors du processus de cession des terres au bénéfice du groupe Socfin. Les communautés n'ont plus aucune ressource, selon Fian Belgique, qui publie cette semaine un rapport sur ce conflit foncier. "Les 3.500 emplois précaires créés ne permettront jamais de compenser la perte des terres et des ressources naturelles pour les 32.000 personnes directement affectées", estime l'ONG. (Belga)