Les agriculteurs s'étaient rassemblés pour une manifestation dans le district de Lakhimpur Kheri, dans l'État de l'Uttar Pradesh, où le ministre des Affaires intérieures, Ajay Mishra, et le vice-ministre de l'État, Keshav Prasad Maurya, étaient attendus. Des heurts se sont alors produits autour des véhicules du convoi ministériel. Selon des agriculteurs, une voiture du convoi, dans laquelle se serait trouvé le fils d'Ajay Mishra, a écrasé et tué quatre manifestants. L'incident a décuplé la colère des agriculteurs qui s'en sont pris aux voitures du convoi qu'ils ont incendiées. Quatre autres personnes ont été tuées dans ces violences, selon les dires d'agriculteurs présents à la manifestation. "Huit personnes sont mortes dans l'incident d'aujourd'hui à Lakhimpur. Parmi les huit, quatre étaient des agriculteurs et quatre autres personnes se trouvaient dans les véhicules" du convoi, a déclaré le directeur général de la police de l'Uttar Pradesh, Mukul Goel, dimanche à la chaîne de télévision CNN-News18. Ajay Mishra a démenti les allégations des agriculteurs, déclarant à la presse locale que les manifestants avaient attaqué le convoi et tué un chauffeur et trois employés du Bharatiya Janata Party (BJP), parti à la tête de l'Uttar Pradesh, le plus peuplé de l'Inde, et du Premier ministre Narendra Modi. Le ministre en chef de l'Uttar Pradesh, Yogi Adityanath, a qualifié l'incident de "très triste et malheureux", lançant un appel au calme. "Avant de tirer des conclusions hâtives, il faut attendre l'enquête en cours et les mesures qui seront prises par la suite", a-t-il déclaré sur son compte Twitter, tard dans la soirée de dimanche. Les services Internet ont été coupés dans la région et les routes menant à Lucknow, la capitale de l'Uttar Pradesh, ont été fermées afin de réprimer toute nouvelle flambée de violence, selon la presse. Les chefs de l'opposition et des syndicats d'agriculteurs ont déclaré qu'ils allaient se rendre à Lakhimpur Kheri. Les réformes votées en septembre 2020 autorisent les agriculteurs à vendre leurs productions aux acheteurs de leur choix, plutôt que de se tourner exclusivement vers les marchés contrôlés par l'État leur assurant un prix de soutien minimal (PSM) pour certaines denrées. Depuis la fin novembre, les agriculteurs s'opposent à cette libéralisation du marché et bloquent les routes menant à New Delhi, constituant l'un des plus grands défis auxquels fait face le gouvernement Modi depuis son arrivée au pouvoir en 2014. Le poids du secteur agricole est considérable en Inde, assurant la subsistance de près de 70% de 1,3 milliard d'habitants, et contribuant à environ 15% du PIB. (Belga)

Les agriculteurs s'étaient rassemblés pour une manifestation dans le district de Lakhimpur Kheri, dans l'État de l'Uttar Pradesh, où le ministre des Affaires intérieures, Ajay Mishra, et le vice-ministre de l'État, Keshav Prasad Maurya, étaient attendus. Des heurts se sont alors produits autour des véhicules du convoi ministériel. Selon des agriculteurs, une voiture du convoi, dans laquelle se serait trouvé le fils d'Ajay Mishra, a écrasé et tué quatre manifestants. L'incident a décuplé la colère des agriculteurs qui s'en sont pris aux voitures du convoi qu'ils ont incendiées. Quatre autres personnes ont été tuées dans ces violences, selon les dires d'agriculteurs présents à la manifestation. "Huit personnes sont mortes dans l'incident d'aujourd'hui à Lakhimpur. Parmi les huit, quatre étaient des agriculteurs et quatre autres personnes se trouvaient dans les véhicules" du convoi, a déclaré le directeur général de la police de l'Uttar Pradesh, Mukul Goel, dimanche à la chaîne de télévision CNN-News18. Ajay Mishra a démenti les allégations des agriculteurs, déclarant à la presse locale que les manifestants avaient attaqué le convoi et tué un chauffeur et trois employés du Bharatiya Janata Party (BJP), parti à la tête de l'Uttar Pradesh, le plus peuplé de l'Inde, et du Premier ministre Narendra Modi. Le ministre en chef de l'Uttar Pradesh, Yogi Adityanath, a qualifié l'incident de "très triste et malheureux", lançant un appel au calme. "Avant de tirer des conclusions hâtives, il faut attendre l'enquête en cours et les mesures qui seront prises par la suite", a-t-il déclaré sur son compte Twitter, tard dans la soirée de dimanche. Les services Internet ont été coupés dans la région et les routes menant à Lucknow, la capitale de l'Uttar Pradesh, ont été fermées afin de réprimer toute nouvelle flambée de violence, selon la presse. Les chefs de l'opposition et des syndicats d'agriculteurs ont déclaré qu'ils allaient se rendre à Lakhimpur Kheri. Les réformes votées en septembre 2020 autorisent les agriculteurs à vendre leurs productions aux acheteurs de leur choix, plutôt que de se tourner exclusivement vers les marchés contrôlés par l'État leur assurant un prix de soutien minimal (PSM) pour certaines denrées. Depuis la fin novembre, les agriculteurs s'opposent à cette libéralisation du marché et bloquent les routes menant à New Delhi, constituant l'un des plus grands défis auxquels fait face le gouvernement Modi depuis son arrivée au pouvoir en 2014. Le poids du secteur agricole est considérable en Inde, assurant la subsistance de près de 70% de 1,3 milliard d'habitants, et contribuant à environ 15% du PIB. (Belga)