M. Trump, en difficulté sur la scène intérieure après le lancement d'une procédure de destitution par des élus démocrates pour avoir demandé à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky d'enquêter sur son rival Joe Biden - bien placé pour l'affronter lors de l'élection présidentielle de 2020 -, a bel et bien été invité par les autorités belges, ont indiqué des sources concordantes à l'agence Belga.

Ce qui ne signifie toutefois pas que le locataire de la Maison Blanche y donnera suite.

Les invitations adressées aux dignitaires étrangers pour assister aux cérémonies du 75e anniversaire de la bataille des Ardennes - connue comme "the Battle of the Bulge" (la bataille du saillant) aux Etats-Unis - sont parties le mois dernier, alors que le gouvernement Michel 1er, démissionnaire et minoritaire, expédie les affaires courantes, dans l'attente - qui semble encore lointaine - de la constitution d'une nouvelle équipe au fédéral. Le Premier ministre Charles Michel doit pour sa part abandonner ses fonctions avant le 1er décembre, date à laquelle il deviendra le troisième président du Conseil européen.

L'une de ses premières activités dans cette nouvelle qualité devrait être de participer, comme il est de coutume pour un président du Conseil, à la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement - qui ne portera toutefois pas l'appellation de "sommet" - des 29 pays de l'Otan les 3 et 4 décembre, à laquelle M. Trump prendra part. Avec l'adhésion attendue d'un 30e membre, la Macédoine du Nord.

Le 45ème président des Etats-Unis s'est déjà rendu à deux reprises en Belgique, à chaque fois pour des réunions de l'Alliance atlantique. Le 25 mai 2017, pour l'inauguration du nouveau siège bruxellois de l'Otan, lors d'une "réunion spéciale" des dirigeants alliés, puis les 11 et 12 juillet derniers pour un sommet en bonne et due forme.

Si nombre d'observateurs imaginaient une venue du locataire de la Maison Blanche à Bastogne autour de début décembre et de la réunion de l'Otan, l'hypothèse la plus probable semble désormais s'orienter vers le 16 décembre, dans la foulée des commémorations prévues du vendredi 13 au dimanche 15 décembre dans cette ville et dans ses environs.

Une cérémonie est prévue le lundi 16 "pour mettre à l'honneur les vétérans américains", a précisé mardi l'échevine Coralie Bonnet (cdH) à l'agence Belga.

La bataille des Ardennes, qui a coûté aux Etats-Unis 75.000 soldats tués, blessés ou portés disparus dans les âpres combats de l'hiver 1944-1945, a permis de briser la dernière offensive de l'Allemagne nazie sur le front ouest-européen avant la fin du conflit.

L'ambassadeur des Etats-Unis en Belgique, Ronald Gidwitz, a dit devant la presse s'attendre à la venue à Bastogne de vétérans américains, tout comme celle de "sénateurs" et de "membres du Congrès". Mais il s'est refusé à spéculer sur la présence d'autres "hautes personnalités" - comme le président Trump, qui ne cache pas son admiration pour le général George Patton, dont les blindés avaient mis fin au siège de Bastogne le 26 décembre 1944.

M. Gidwitz a laissé entendre que les réponses sur la participation de telles personnalités viendraient "plus tard".

M. Trump a régulièrement annulé des visites à l'étranger, parfois au dernier moment. Ce fut encore le cas début septembre, quand il a renoncé coup sur coup à se rendre au Danemark (en raison du manque d'intérêt de la Première ministre Mette Frederiksen à un éventuel achat américain du Groenland, territoire danois), et en Pologne pour le 80e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale. Le milliardaire avait alors invoqué l'arrivée de l'ouragan Dorian qui s'approchait des côtes de la Floride - mais qui n'est finalement même pas entré à l'intérieur des terres américaines, remontant au large de la côte est en direction du Canada.