Après avoir assisté à l'Assemblée générale de l'ONU à New York, où son président Jair Bolsonaro a défendu sa souveraineté en Amazonie et critiqué indirectement Emmanuel Macron, Ricardo Salles a démarré sa tournée par Paris, où il rencontre "investisseurs" (Total, EDF, Engie...) et médias, avant de se rendre en Allemagne puis au Royaume-Uni. Aucune entrevue officielle n'est prévue. "Nous voulons clarifier les choses, apporter des données complètes car ces derniers mois, beaucoup d'informations sur les incendies en Amazonie étaient imprécises", a-t-il affirmé jeudi lors d'un entretien à l'AFP. La déforestation en Amazonie a quasiment doublé depuis l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro en janvier 2019, par rapport à la même période l'année précédente, mais pour Ricardo Salles, il faut regarder "tout l'historique des données" depuis 2004-2005, période où "la déforestation atteignait le triple d'aujourd'hui, avant de décliner, puis de remonter, année après année, à partir de 2012". "Nous devons nous concentrer sur les origines de cette hausse", essentiellement liée selon lui à "la déforestation illégale, que nous devons combattre". Et la protection de l'Amazonie passe avant tout, à ses yeux, par une "stratégie économique" visant un "développement durable" qui implique la population amazonienne. M. Salles a affirmé que le Brésil resterait dans l'accord de Paris sur le climat de 2015. "Le Brésil va tenir ses engagements concernant les contributions déterminées au niveau national. Nous avançons bien sur les énergies renouvelables, les émissions d'électricité, la reforestation (...), contrairement à d'autres pays qui ont critiqué le Brésil", a-t-il plaidé. Jeudi, des militants de Greenpeace ont manifesté devant la résidence de l'ambassadeur du Brésil pour dénoncer, explique l'ONG dans un communiqué, "la tournée de promotion du gouvernement brésilien", ainsi que "la complicité du gouvernement et des entreprises comme Total, qui a toujours la volonté de développer davantage de projets destructeurs au Brésil". "En démocratie nous devons être ouverts à différentes opinions", a simplement rétorqué M. Salles. (Belga)