"Notre passé sent Lubrizol, notre avenir sent le cancer", ou encore "Avec Lubrizol, on meurt un peu, mais pas trop", pouvait-on lire sur des pancartes brandies par les participants, réunis à l'appel d'un "collectif unitaire", regroupant associations, syndicats et partis politiques. Des élus EELV et PS étaient également présents. "On est parti dans un combat extrêmement long (...) C'est l'anniversaire d'un crime industriel, aujourd'hui", a déclaré Gérald Le Corre (CGT), en référence à l'incendie survenu voici un mois jour pour jour. Il y a un "scandale Lubrizol", a-t-il insisté, estimant par ailleurs que "le suivi médical proposé (par l'État) nous semble insuffisant". M. Le Corre a également annoncé une nouvelle manifestation le 26 novembre, deux mois pile après l'incendie. L'administrateur de FNE (France Nature Environnement) pour la Normandie, Guillaume Blavette, a rappelé "à l'État son devoir d'information du public. Pour l'instant, il y a beaucoup d'informations mais pas beaucoup de transparence". "Il faut la stricte application du principe pollueur/payeur", a-t-il estimé, soulignant que, jusqu'à présent, les "préjudices matériels et sanitaires des particuliers ne sont pas pris en compte". Dans la foulée du rassemblement, les participants ont décidé de partir en cortège jusqu'au Theâtre des Arts et de parcourir le centre-ville. "Lubrizol, coupable, État complice", "Macron, c'est pas tes gosses qui respirent la poussière", ou encore, "On est là, même si Macron ne veut pas, nous on est là", ont-ils scandé, un refrain récurrent dans les défilés des "gilets jaunes". Le 26 septembre, vers 02H30, une partie de l'usine Lubrizol et trois bâtiments de l'entreprise Normandie Logistique ont été ravagés par un gigantesque incendie, qui n'a pas fait de victime. Au total, 9.505 tonnes de produits, en majorité chimiques, ont brûlé. (Belga)