Le paradoxe est cruel: les adoptions en Flandre se font plus rares au fil des ans (39 en 2020, 87 en 2017) alors que la liste d'attente ne cesse de s'allonger (823 candidats recensés en novembre dernier). Le signe manifeste que quelque chose ne tourne plus rond dans le mécanisme de l'adoption en vigueur au nord du pays. L' ombudsman flamand vient de remettre à ce sujet un rapport accablant. Des lenteurs injustifiées ; une gestion discutable des priorités s...

Le paradoxe est cruel: les adoptions en Flandre se font plus rares au fil des ans (39 en 2020, 87 en 2017) alors que la liste d'attente ne cesse de s'allonger (823 candidats recensés en novembre dernier). Le signe manifeste que quelque chose ne tourne plus rond dans le mécanisme de l'adoption en vigueur au nord du pays. L' ombudsman flamand vient de remettre à ce sujet un rapport accablant. Des lenteurs injustifiées ; une gestion discutable des priorités sur la liste d'attente ; un manque de transparence et de clarté dans l'avancement des dossiers ; des critères parfois appliqués sans fondement juridique, ainsi ce procédé qui consiste à "servir" d'abord les candidats les plus prompts à payer les sessions préparatoires à une adoption. Sans parler des faux espoirs entretenus à coup de tests à accomplir ou de formulaires à remplir, sans garantie que la réussite du projet sera bel et bien au bout de ce parcours du combattant. Sept, huit, voire neuf ans d'attente: c'est plus que ne peuvent supporter bien des candidats. En 2019, la moitié d'entre eux ont déclaré forfait en cours de procédure. Le mal serait si profond que le bureau des plaintes flamand pose la question de la possibilité de pouvoir encore réformer le système et se demande s'il ne serait pas plus avisé de privilégier une véritable révolution en repartant d'une feuille blanche.Wouter Beke (CD&V), ministre de la Famille, admet un manque de transparence et le besoin d'une politique d'adoption davantage "orientée client". Mais prévient que la meilleure réforme du monde ne permettra pas de raccourcir drastiquement et encore moins d'éliminer les listes d'attente, conséquence d'un vrai déséquilibre entre le nombre de candidats parents à l'adoption et celui d'enfants adoptables. Raison pour laquelle le ministre souhaite élargir les perspectives à offrir à celles et ceux qui désirent un enfant en les orientant aussi vers la formule de la famille d'accueil, une filière confrontée à une liste d'attente inversée: 700 enfants sont en quête d'un foyer disposé à les accueillir.