"Moi, je n'y suis pour rien. Je respecte la parole de cet homme. Je l'entends mais je suis pas garant de la vérité, je ne suis pas garant de sa sincérité. Je n'ai pas du tout l'impression qu'il me manipule parce qu'on est dans un rapport qui, au fil du temps, est devenu de plus en plus confiant, mais j'entends d'un côté quelque-chose qui ne correspond pas à l'arrêt de la cour d'assises. Donc je me demande s'il n'y aurait pas un travail à faire là-dessus", a expliqué Me Dayez, lundi, à l'issue de l'audience du Tribunal de l'Application des Peines (TAP) de Bruxelles qui a ordonné une nouvelle expertise psychiatrique de Marc Dutroux pour mai 2020 au plus tard.

"Jusqu'à son dernier souffle"

"L'enlèvement de Julie et Mélissa, vraisemblablement jusqu'à son dernier souffle il contestera en être l'auteur. Vous savez, moi, j'acte cela. Je n'ai pas vocation à refaire le procès. J'entends, et je pense qu'il a besoin d'une écoute attentive pour pouvoir s'exprimer. Ce qu'il en ressortira? Nous verrons bien le moment venu", a poursuivi le pénaliste.

"Quand il énonce certaines vérités, on ne veut pas l'entendre non plus. La lettre qu'il a adressée à monsieur Lejeune contenait des choses importantes", a encore déclaré Me Dayez. "Ma mission n'est pas de demander la révision du procès. Simplement, je pense que pour la paix des familles, il serait important que le jour venu on puisse résumer à l'attention de celles-ci quelle est sa vérité à lui. Je ne désespère pas de pouvoir dire un jour: 'voilà, faites-en ce que vous voulez, mais voilà quelle est sa vérité définitive'".