Depuis la chute de l'exécutif Michel I fin décembre, l'échelon fédéral vit au rythme des douzièmes provisoires, un mécanisme qui reporte en douze tranches le budget 2018 sur l'année 2019 et évite à l'Etat un "shutdown". La plénière de la Chambre doit se pencher ce jeudi sur la loi qui contient ces crédits provisoires pour les mois de novembre et de décembre. Ce vote a été reporté d'une semaine après l'adoption d'un amendement du PTB prévoyant la création d'un "Fonds Blouses blanches" de 67 millions d'euros afin, entre autres, d'engager du personnel infirmier supplémentaire. Cet ajout déplaît aux libéraux flamands, mais ceux-ci approuveront la loi afin de ne pas "hypothéquer le fonctionnement du gouvernement". Egbert Lachaert déplore toutefois l'approche de l'extrême gauche, qui a ajouté une dépense dans les crédits provisoires, sans avoir au préalable "créé une base légale". Précédemment, le chef de groupe de l'Open Vld avait laissé entendre que l'amendement pourrait bien rester lettre morte. "Le vrai problème, c'est qu'on ne trouve pas de personnel. De l'argent supplémentaire n'y changera rien", avait-il expliqué. La mise en oeuvre de l'amendement implique de surcroît un arrêté royal proposé au gouvernement par la ministre de la Santé, Maggie De Block (Open Vld). "Mais cet arrêté n'est pas sur la table", affirmait M. Lachaert. Du côté du PTB, les députés Peter Mertens et Marco Van Hees ont insisté sur le nécessaire respect de l'amendement par le gouvernement en affaires courantes. Refuser d'appliquer une loi votée à la majorité, ce serait "un déni de démocratie", a lancé M. Van Hees. (Belga)