Depuis quelques jours, le directeur du centre d'études du parti, Corentin de Salle, répète tout le mal qu'il pense du modèle écologiste accusé de se rapprocher des mouvements totalitaires. C'est un combat de longue date du juriste et philosophe, mené notamment avec le chef de groupe à la Chambre, David Clarinval. Les deux hommes ont signé en mai 2014 un livre intitulé "Le fiasco énergétique", réquisitoire contre les politiques dites de développement durable. Mardi et mercredi, le message est revenu à l'avant-scène politico-médiatique, à la faveur d'un entretien accordé à M. de Salle à l'Echo, et d'une tribune libre des deux hommes publiée dans "La Libre" en faveur d'une "écologie bleue". A l'heure des marches pour le climat, le message est une charge contre une forme de catastrophisme ambiant. S'il se garde de contester frontalement les enjeux climatiques, il n'en a pas moins suscité par le ton employé de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Et, ce jeudi, "Le Vif" met en avant la proximité entre MM. Clarinval et de Salle et le courant climato-sceptique, notamment l'intellectuel Drieu Godefridi, sans toutefois les assimiler. La tribune libre reflète une position personnelle qui n'a pas été validée par le parti, a-t-on indiqué au boulevard de la Toison d'or. En coulisses, certains mandataires MR n'apprécient pas la sortie de leurs collègues alors que le parti a, par exemple, approuvé une résolution à la fin de l'année appelant au renforcement des objectifs climatiques ou qu'il a co-signé la proposition de loi spéciale climat par le biais de... M. Clarinval. "Je ne suis pas dans un message conservateur. Pour moi, il n'est pas question d'être frileux et de perdre son temps dans de l'intellectualisme. Le business as usual n'est pas suffisant pour gagner demain. Au contraire, il faut changer de paradigme et se montrer concret, proactif et volontaire", a souligné M. Crucke. "Il y aujourd'hui un rapport du GIEC qui n'est pas contestable. Et si on reconnaît ce rapport, on doit accepter des objectifs plus ambitieux pour 2030. On a aujourd'hui 12 ans pour doubler nos efforts", a-t-il ajouté. Pour autant les libéraux conservent leur mantra d'une transition écologique qui ne peut se faire "sur un désert économique". "Il faut se concentrer sur l'innovation et la recherche, le financement et le changement des comportements individuels et collectifs", a insisté M. Crucke. (Belga)