Eric Snoeck pointe le contexte budgétaire défavorable, qui a entraîné une perte de 200 millions en 5 ans pour la dotation de la police fédérale. En conséquence, 800 enquêteurs manquent à l'appel à la police judiciaire. "On a un parc de véhicules qui approche les 10 ans d'âge moyen; des bâtiments qui ne permettent pas toujours de respecter les normes pour l'accueil de détenus...", ajoute-t-il. Pourtant, le travail ne manque pas. Après plusieurs années accaparées par les enquêtes antiterroristes, Eric Snoeck veut se reconcentrer sur la criminalité organisée: "Cela commence par améliorer l'état des lieux du paysage de la criminalité organisée, pour voir quels mécanismes mettre en place contre elle. Et cela passera par la libération d'effectifs pour se consacrer à cette lutte. (...) C'est urgent, car lorsqu'il y a un vide, le milieu criminel s'en empare." Dans ses priorités figure aussi la lutte contre la corruption. "Il faut garder une pression sur ce sujet, au risque de se réveiller un jour avec une situation difficile", dit-il. "C'est un enjeu démocratique. C'est le signal que nous voulons envoyer en renforçant les services anticorruption." (Belga)