A condition que le Parlement européen valide son équipe, Mme von der Leyen prendra ses fonctions le 1er novembre prochain. Pour mener à bien sa politique, elle sera flanquée de trois vice-présidents exécutifs: le néerlandais Frans Timmermans, la danoise Margrethe Vestager et le letton Valdis Dombrovsksis. Ceux-ci assumeront à la fois la vice-présidence pour une des trois priorités du programme, mais aussi une charge de commissaire. Ainsi, Frans Timmermans coordonnera l'ensemble des travaux consacrés au "Green deal européen", tout en assurant la gestion de la politique de lutte contre le changement climatique, a expliqué Mme von der Leyen. Margrethe Vestager devra, quant à elle, chapeauter les travaux visant à "adapter l'Europe à l'ère du numérique". Elle conservera par ailleurs sa casquette de commissaire à la Concurrence, une décision qui pourrait faire grincer quelques dents, notamment du côté de l'administration Trump avec laquelle la Danoise n'a pas hésité à croiser le fer lors de son mandat précédent. Interrogée à ce sujet, la future présidente a affirmé que le seul aspect qui comptait à ses yeux était "la qualité et l'excellence", tout en affirmant que Mme Vestager avait fait un excellent job à ce poste. Le letton Valdis Dombrovskis assurera enfin la coordination des travaux sur l'économie au service des personnes, tout en étant le commissaire en charge des services financiers. A ces trois vice-présidents exécutifs s'ajoutent cinq vice-présidents: l'espagnol Josep Borrel (en charge de la diplomatie européenne), la tchèque Vera Jourova (Valeurs et transparence), le grec Margaritis Schinas (Protéger notre mode de vie européen - un intitulé qui englobe entre autres les compétences relatives à la migration), le slovaque Maro? ?efcovic (Relations interinstitutionnelles et prospective) et enfin la croate Dubravka ?uica (Démocratie et démographie). La répartition de ces vice-présidences témoigne d'une volonté de la présidente élue d'assurer une parité de genre, mais aussi des équilibres géographiques et politiques au sein de son exécutif. Parmi les autres commissaires désignés, Mme von der Leyen a entre autres confié le Commerce à l'Irlandais Phil Hogan, commissaire à l'Agriculture sous Jean-Claude Juncker. Ce poste devrait s'avérer stratégique, alors que l'Union sera, dans un avenir plus ou moins proche, amenée à négocier un accord commercial avec le Royaume-Uni. Parmi les autres poids lourds de ce nouvel exécutif, l'ancien Premier ministre italien Paolo Gentiloni hérite du portefeuille de l'Economie, une volonté de Rome, tandis que la française Sylvie Goulard obtient la compétence du Marché intérieur. L'actuel vice-Premier ministre belge Didier Reynders a pour sa part hérité de la Justice, de la surveillance et du respect de l'État de droit, ainsi que de la Protection des consommateurs. Le libéral francophone est ainsi appelé à prendre la succession de Frans Timmermans pour veiller au respect de l'État de droit, un dossier sur lequel son prédécesseur s'était illustré face à plusieurs gouvernements populistes ou illibéraux qui ont émergé ces dernières années en Europe. L'ensemble de l'équipe dévoilée ce mardi passera prochainement sur le grill des eurodéputés. Certains candidats, notamment le Hongrois Laszlo Trocsanyi (Elargissement) et le Polonais Janusz Wojciechowski (Agriculture), risquent de se heurter à des parlementaires réticents. Le premier cité était notamment à la manoeuvre lors d'une réforme controversée de la justice en Hongrie, tandis que le second est visé par une enquête de l'office européen antifraude (OLAF) pour des "irrégularités présumées concernant le remboursement de frais de voyage" lorsqu'il était eurodéputé. (Belga)