De la même manière réfléchie et parcimonieuse qu'il écrit ses haïkus, Herman Van Rompuy (CD&V) a consigné ses Anti-mémoires. Là non plus, il n'y a pas un mot ou un nom de trop. Au contraire, l'ancien président du Conseil européen ne cite presque jamais les noms des hommes politiques qu'il évoque. Il dit qu'il n'a pas besoin de régler de comptes, et qu'il ne croit pas que les historiens profiteraient beaucoup de sa version des faits. Il ne veut pas non plus trop parler de l'actualité politique actuelle, ne serait-ce que parce qu'il ne veut pas mettre de bâton dans les roues de son fils Peter et son frère Eric, qui siègent respectivement au Parlement flamand et à la Chambre. Mais à l'heure où la crise de Marrakech bat son plein et où l'Union européenne gémit sous les cabrioles du Brexit, il est difficile de faire autrement. "Aujourd'hui, nous prenons sérieusement en compte des scénarios qui semblaient absurdes il y a six mois", déclare Van Rompuy lorsque nous le rencontrons dans son bureau de Bruxelles, dans le bâtiment qui abrite aussi le Centre Wilfried Martens pour les études européennes. "Cela promet pour l'avenir.".
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