Brillant intellectuel, Thierno Aliou Diaouné, 53 ans, avait été assassiné en février 2015 dans la capitale guinéenne et son véhicule 4X4 volé. Il avait été criblé de balles dans sa voiture, dans la banlieue de Conakry. Ses assassins s'étaient introduits par la force dans son véhicule, en début de soirée. Le procès de ses assassins, entamé le 18 mars et marqué par plusieurs suspensions, s'est achevé lundi soir devant le tribunal de Dixinn, dans la banlieue de Conakry, qui a assorti la peine d'une mesure de 30 années de sûreté. Les quatre prévenus, le Guinéen Abdoulaye Djibril Diallo, le Nigérian Aronu Goowin Ozoekwe, le Libérien Samuel Dyngee et le Sierra-Léonais Noël Camara, ont tous nié les faits d'"assassinat" pour lesquels ils étaient poursuivis, a indiqué mardi leur avocat, Mohamed Abou Camara, commis d'office. "Ces criminels ne méritent aucun égard, aucune circonstance atténuante. Ils sont des criminels, il faut les traiter comme tels", a déclaré à l'AFP le président du tribunal de Dixinn, Ibrahima Kalil Diakité. Les mobiles du crime n'ont pas été élucidés. Le ministre Thierno Aliou Diaouné avait été un acteur en 2006 et 2007 de la mobilisation de la société civile qui a ébranlé le régime du président général Lansana Conté et l'ont contraint à nommer Lansana Kouyaté Premier ministre. Sous le régime de la transition militaire dirigé par le général Sékouba Konaté, en 2013, il fut nommé ministre de la Jeunesse et des Sports. Le Conseil national des organisations de la société civile de Guinée (CNOSC-G), dont M. Diaouné était membre, avait à sa mort dénoncé un "assassinat lâche et l'irresponsabilité notoire de l'Etat face à l'insécurité grandissante". Plusieurs assassinats similaires non élucidés se sont produits ces dernières années à Conakry, comme celui de Mohamed Ghussein, cadre du ministère de l'Economie et des Finances en novembre 2013. Dix-neuf personnes avaient, en février, été condamnées à des peines allant de dix ans de prison à la perpétuité, pour leur implication dans l'assassinat en novembre 2012 de la directrice nationale du Trésor public, Aïssatou Boiro, dont Abdoulaye Djibril Diallo, qui a donc écopé lundi d'une seconde condamnation à la perpétuité. (Belga)