Sur le rail et dans le ciel, la grève a commencé dès mardi soir. L'espace aérien belge, fermé pour une période de 24 heures, doit rouvrir ce mercredi à 22h00. "C'est un succès grandiose", se sont félicités les syndicats du secteur aéroportuaire.

Sur les chemins de fer, la SNCB avait prévu un service alternatif. Environ la moitié des trains circulaient par rapport à l'horaire normal, qui doit également être rétabli à 22h00. Les navetteurs étaient cependant peu nombreux dans les wagons. Il semble que le service minimum - activé pour la troisième fois - ne soit pas encore ancré dans les moeurs en cas de grève.

Dans les trois Régions du pays, les sociétés de transports publics Stib, Tec et De Lijn ont toutes connu de fortes perturbations.

La situation sur les routes était en revanche très calme, selon Touring Mobilis. Les automobilistes semblent donc avoir pris leurs dispositions quant aux éventuels barrages filtrants.

Dès l'aube, de nombreux piquets avaient été déployés aux abords des principales entreprises et des zonings industriels. A Charleroi, Mons et Liège, mais aussi en Wallonie picarde, dans la région verviétoise et dans le Brabant wallon, où les syndicats ont qualifié le mouvement de "franche réussite". A Namur, une soixantaine de piquets ont été recensés. Parfois, des échaufourées ont éclaté entre des automobilistes et des syndicalistes. A l'arrêt forcé à l'approche du zoning de Seilles (Andenne), un conducteur prêt à en découdre est ainsi sorti de son véhicule, une batte de baseball à la main.

Un autre incident s'est produit à Gand, où un véhicule a foncé sur un piquet de grève, près de la Ghelamco Arena. Deux syndicalistes ont été blessés, l'automobiliste a été interpellé.

Selon la Centrale nationale des employés (CNE), le secteur non marchand a également suivi le mot d'ordre. Les actions ont plus particulièrement touché le secteur des soins de santé et les maisons de repos.

Le secteur de l'enseignement semble avoir été relativement épargné par l'appel à la grève générale. Celle-ci a généré peu de perturbations dans les écoles, selon les responsables des différents réseaux contactés. Et là où les cours n'ont pu être donnés, les enfants ont toujours été accueillis par l'établissement.

Il en va de même pour la distribution du courrier, globalement assurée sur l'ensemble du territoire.

Enfin, au nord du pays, les ports de Gand et d'Anvers ont été contraints de ralentir leurs activités, tandis qu'à Zeebrugge 90% des dockers ont débrayé. Dans la province d'Anvers, l'appel à la grève a été particulièrement bien suivi dans les grandes entreprises comme Atlas Copco et Coca-Cola à Wilrijk ou Agfa à Mortsel, selon les syndicats. En Flandre occidentale et dans le Limbourg, de nombreuses entreprises ont gardé portes closes.

Certaines administrations tournaient également au ralenti et plus d'une centaine de supermarchés ont baissé les volets.

Alors que pour Charles Michel, "il n'y a pas d'alternative à la reprise des négociations", le patronat a invité les syndicats à reprendre le dialogue. Les pourparlers sur l'accord interprofessionnel (AIP) sont dans l'impasse. Le Conseil central de l'Économie a fixé à 0,8% la marge de progression salariale en plus de l'indexation pour la période 2019-2020. Aux yeux des syndicats, cette marge est insuffisante.

La dernière grève générale qu'a connue la Belgique remonte à décembre 2014.