À Paris, derrière la banderole de tête tenue par l'Union nationale des familles de féminicide (UNFF), plusieurs personnes portaient des pancartes affichant la photo de leur proche assassinée. Une trentaine de marches étaient également annoncées dans le reste de la France. "On pense que ça va être une marche historique", a déclaré avant la manifestation parisienne l'une des organisatrices, Caroline De Haas, convaincue que "le niveau de conscience (...) est en train de bouger de manière assez radicale". Cette "marée violette", la couleur des luttes féministes, vise à peser sur le gouvernement, à deux jours de la clôture, lundi, d'une large consultation sur les violences conjugales lancée début septembre pour tenter d'enrayer ce fléau. Le Premier ministre Edouard Philippe, accompagné d'une douzaine de membres du gouvernement, doit annoncer des mesures très attendues par les associations. "Nous n'arrivons plus à compter les cas où les féminicides auraient pu être évités", affirment les organisatrices des cortèges de samedi dans un appel diffusé sur Facebook. "Avec cette marche, nous ferons en sorte que les pouvoirs publics prennent enfin des mesures à la hauteur". Depuis le début de 2019, au moins 116 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, selon un décompte et une étude au cas par cas menés par l'AFP. Sur toute l'année 2018, le chiffre avait atteint 121 femmes victimes, selon le ministère de l'Intérieur. Quelque 213.000 femmes majeures sont victimes chaque année de violences physiques et/ou sexuelles de la part leur conjoint ou ex-conjoint, soit près de 1% des femmes âgées de 18 à 75 ans, selon des données officielles. L'an passé, près de 50.000 personnes s'étaient rassemblées dans toute la France, dont 30.000 à Paris selon les organisatrices (12.000 selon la police). (Belga)