Les principaux négociateurs de la N-VA, du CD&V et de l'Open VLD s'enthousiasment pour le sprint final. L'intention est que le formateur Jan Jambon (N-VA) puisse conclure son accord de coalition au plus tard cette fin de semaine, ce qui laisse suffisamment le temps à chaque parti pour présenter les accords aux membres du parti.
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Les principaux négociateurs de la N-VA, du CD&V et de l'Open VLD s'enthousiasment pour le sprint final. L'intention est que le formateur Jan Jambon (N-VA) puisse conclure son accord de coalition au plus tard cette fin de semaine, ce qui laisse suffisamment le temps à chaque parti pour présenter les accords aux membres du parti. Si le gouvernement flamand n'est pas encore en place, c'est parce qu'il faut régler une série de questions sensibles. En premier lieu, l'intégration civique, mais aussi le climat et l'énergie. D'une part, les sensibilités sont de nature idéologique. La vision du futur du ministre Bart Somers (Open VLD) n'est pas celle de Liesbeth Homans (N-VA), également en lice pour un nouveau poste ministériel. D'autre part, il y a le financement. Les partis savent maintenant quels harnais budgétaires ils devront porter pendant cinq ans, et il est temps de parler d'argent.Les dirigeants semblent d'accord sur un principe : les listes d'attente dans le secteur de l'aide sociale devraient être supprimées, en particulier celles qui concernent la prise en charge des personnes handicapées. Il faut être de mauvaise volonté pour ne pas résoudre ces problèmes", dit l'une des personnes impliquées.Cette unanimité s'inscrit dans une vision plus large du gouvernement embryonnaire de Jambon. Le prochain gouvernement flamand se veut strict pour les nouveaux venus, mais généreux pour les plus faibles. Le seuil d'intégration doit être plus élevé ; en échange, le gouvernement investit dans les soins de santé flamands.Ce n'est pas pour rien que Jambon et Cie souhaitent lâcher les rênes du budget pendant les premières années de la prochaine législature. Le gouvernement des comptables doit céder la place à un projet attrayant capable de concurrencer le tumulte du Vlaams Belang. Dans un certain sens, le gouvernement flamand correspondrait très fort à l'image sociale polie de Theo Francken (N-VA), qui plaide de plus en plus fortement en faveur d'un nouveau "contrat social" où un État providence généreux relève plus fermement les défis de la migration.Hendrik BogaertAfin de souligner davantage cette énergie, on espère un coup de fouet dû à la présence de présidents de parti (bientôt anciens) au sein du gouvernement. "Je ne veux rien dire de mal à propos du gouvernement précédent, mais ce serait bien d'avoir des personnages forts dans ce gouvernement", dit une source.Wouter Beke, président du CD&V, et Gwendolyn Rutten, sa collègue de l'Open VLD, sont donc tous deux des ministres du gouvernement Jambon. Ces visages familiers doivent donner un peu plus de poids à l'équipe politique. Jan Jambon s'occupera de l'absence du président du troisième parti : le candidat initial au poste de ministre-président : Bart De Wever (N-VA).Quoi qu'il en soit, le raisonnement est que les politiciens qui ont esquissé les grandes lignes de l'accord de coalition devraient également mettre en oeuvre cet accord. Une critique souvent entendue à l'encontre du gouvernement fédéral de Michel était que les présidents des partis flamands ne devaient jamais se salir les mains. De Wever a même été baptisé "Premier ministre fantôme". Avec Beke et Rutten sur un fauteuil ministériel, les choses devront changer. Le fait que tous deux auront une sortie plus que galante après leur présidence marquée d'échecs a été pris en compte.Enfin, l'objectif est que le gouvernement flamand devienne un bloc de communication très uni. La première étape vers ce consensus a déjà été franchie avec le groupe de travail sur la communication, qui a été mis en place en parallèle avec les groupes de travail de fond. Le groupe réunit des porte-parole et d'autres membres du personnel de communication au-delà des frontières du parti. L'objectif est d'étouffer les fuites vers la presse. On s'attend à ce que le groupe continue de se réunir même après la conclusion de l'accord final de coalition.Bien que l'ancien ministre-président Geert Bourgeois (N-VA) ait toujours nié que son gouvernement était un cabinet de chamailleries, il y a eu des moments indéniables où les tensions internes sont ébruitées dans les médias. La cellule de communication doit lutter contre ce phénomène. "Nous voulons éviter que les partenaires de la coalition aient des sentiments ambigus", confie une source.Cependant, il n'est pas certain que le prochain gouvernement flamand puisse réellement faire la différence. Pour tous les partis au pouvoir, les élections ont été très mauvaises. En même temps, le Vlaams Belang et le PVDA font preuve de confiance en eux. De plus, CD&V et Open VLD auront un nouveau président. Reste à voir comment se dérouleront les relations entre ces nouveaux présidents et leurs prédécesseurs, stationnés dans le gouvernement flamand. Par exemple, comment un éventuel président du CD&V, Hendrik Bogaert, se positionnera-t-il par rapport au ministre flamand Wouter Beke ? Des tensions internes et externes se profilent à l'horizon.Et pourtant, les négociateurs espèrent un revirement. "On ne veut pas dire de mal à propos du gouvernement précédent", est une expression souvent entendue dans les discussions avec les négociateurs. Cependant, cette phrase est invariablement suivie d'un " mais ". L'intention est claire : le gouvernement Jambon doit faire et fera la différence avec celui de Bourgeois. Même s'il est également suédois.