"Nous avons une divergence profonde avec Frans Timmermans", selon l'essayiste français, dont le parti Place publique s'est allié au PS pour l'élection au Parlement européen en France. Le Néerlandais, premier vice-président sortant de la Commission et actuel candidat du Parti socialiste européen (PSE) à la succession de Jean-Claude Juncker, est accusé par une partie de ses troupes de s'être montré trop complaisant avec des politiques libérales menées par l'exécutif européen. M. Glucksmann plaide donc pour un candidat unique du groupe des socialistes et démocrates (S&D, où siège le PSE) et du groupe des Verts à la présidence de la Commission européenne. "C'est la seule manière d'avoir une chance de rivaliser avec le candidat conservateur (l'Allemand Manfred Weber, pour le PPE, NDLR). Je propose qu'il s'agisse de Paul Magnette", affirmait la semaine dernière Raphaël Glucksmann au Figaro. L'actuel bourgmestre de Charleroi, qui a assuré qu'il ne siégerait pas au Parlement européen en cas d'élection, n'a pas fermé la porte. "Si le rapport de force électoral le permet, nous présenterons une autre candidature, et dans ce cadre je suis ouvert à la discussion", a-t-il répondu au quotidien français. M. Magnette avait déjà précisé à Belga qu'en cas d'élection au Parlement européen, son suppléant Marc Tarabella ne le remplacerait qu'à partir du 2 juillet, date de l'installation du nouvel hémicycle. Durant le mois de juin, il compte bien, en tant qu'élu européen, participer aux réunions de coordination où se joueront la plupart des grands enjeux post-électoraux au sein de l'assemblée. Mais pour le chef de file français des écologistes Yannick Jadot, cette communication relève de l'"enfumage". "Raphaël Glucksmann fait vivre une hypothèse qui l'arrange dans la discussion politique, mais c'est une blague. Je veux bien croire en sa sincérité mais je sais comment ça se passe au Parlement européen. Frans Timmermans correspond à la ligne du groupe des sociaux-démocrates", a-t-il commenté. En grande difficulté, le PS français avait déjà fait appel à Paul Magnette pour devenir sa tête de liste pour l'élection au Parlement européen, mais l'ancien ministre-président wallon, dont la visibilité européenne s'était consolidée lors de la crise du CETA à l'automne 2016, avait décliné l'offre. Dernièrement, le Belge a été sollicité par des ONG paneuropéennes pour défendre auprès de la prochaine Commission européenne sept grandes priorités compilées dans un "Pacte aux électeurs", en matière de climat, pauvreté, dumping social, égalité des genres, migrations, fraude fiscale et emploi. (Belga)