Les forces de l'ordre ont procédé à une vingtaine d'arrestations administratives et quatre arrestations judiciaires lors des affrontements qui se sont produits durant la nuit à Charleroi. Trois autres fauteurs de troubles ont été pincés à Feluy. Une conférence de presse sera donnée par le bourgmestre de Charleroi à 15h00 à l'hôtel de police.

Samedi vers 13h30, le square Hiernaux, occupé depuis plusieurs jours par des gilets jaunes, a fait l'objet de barrages filtrants, de façon pacifique et sans aucun débordement, précise la police locale de Charleroi dans un communiqué de presse.

Vers 21h00, les manifestants ont été remplacés par des personnes qui avaient un autre but que de revendiquer. De nombreux individus ont pris possession de l'ensemble du square en y plaçant des barricades, en arrachant des panneaux de signalisation et en mettant le feu à des palettes. Deux pelotons qui étaient à proximité ont donné l'assaut vers 21h30, avec le support d'une arroseuse et d'un véhicule blindé de la police fédérale.

Deux autres pelotons libérés du dispositif de Feluy ont été intégrés au dispositif en place, de même qu'un peloton de la zone de Châtelet. Les émeutiers se sont ensuite éparpillés par petits groupes, descellant des blocs de béton pour en faire des obstacles et ralentir les policiers, brisant des vitres de commerces et de banques, de l'hôtel de ville, du tribunal du commerce, des abribus, des horodateurs ainsi que des panneaux publicitaires. Ils ont également brûlé des poubelles et dépavé des rues et trottoirs pour jeter des projectiles sur les policiers.

"Une violence jamais vue jusqu'à présent sur le territoire"

Les événements ont été suivis en direct depuis le centre de crise par le gouverneur de la province du Hainaut Tommy Leclercq, qui a déclenché la phase provinciale d'urgence, le bourgmestre Paul Magnette et le chef de corps Philippe Stratsaert. Une fois le calme revenu, la phase d'urgence a été levée à 2h30. Le dispositif de maintien de l'ordre a lui été levé à 03h00, en comptabilisant pas moins de 20 arrestations administratives et quatre arrestations judiciaires. Aucun policier n'a été blessé durant les affrontements de cette nuit, mais les dégâts sont lourds.

Le travail d'enquête pour identifier les casseurs commence maintenant, souligne la police, qui évoque "une violence jamais vue jusqu'à présent sur (son) territoire". Le parquet de Charleroi précise quant à lui que les personnes ayant fait l'objet d'une arrestation judiciaire l'ont été pour rébellion armée, en bande, avec concert préalable. Elles sont soupçonnées d'avoir jeté des projectiles sur les policiers.

"A Feluy, trois individus originaires d'Herstal ont été interpellés à l'entrée du site pétrolier", précise encore le procureur du Roi Vincent Fiasse. "Ils étaient porteurs d'un marteau et d'un coup de poing américain, ce qui laisse entendre qu'ils venaient pour en découdre. Ils ont été arrêtés pour port d'arme illégal." Les sept personnes arrêtées seront déférées devant un juge d'instruction avec réquisitoire de mandat d'arrêt.