Sous la surveillance constante d'un hélicoptère, le cortège a fait sous une pluie fine et froide un tour de la ville, dont les accès au centre avaient été bloqués par les forces de l'ordre, à nouveau visibles en nombre, suscitant des slogans hostiles. Des heurts ont éclaté à mi-parcours quand des groupes d'individus, dont certains masqués et encapuchonnés, ont tenté de forcer ces barrages pour rejoindre la place Pey-Berland, théâtre de violences répétées lors des premières semaines de mobilisations l'an dernier. Des charges de forces de l'ordre et des échanges de gaz lacrymogènes et de projectiles divers ont ensuite eu lieu de manière intermittente rue Sainte-Catherine et aux alentours de cette longue rue piétonne et commercante du centre-ville, au milieu des touristes et acheteurs dont certains se sont réfugiés dans les magasins pour échapper aux fumées. Des groupes de personnes voulant en découdre ont continué jusqu'à la tombée de la nuit à jouer au chat et à la souris avec les policiers et gendarmes, entre la Garonne et le quartier populaire de la Victoire, alors que le cortège déclaré partait assister à un "concert anniversaire" à l'extérieur du centre-ville. Huit personnes ont été interpellées, deux pour outrages et six pour jets de projectiles, selon la préfecture qui signale "très peu de dégradations". Bordeaux, l'un des bastions du mouvement, avait vu défiler jusqu'à 6.000 protestaires au pic de la mobilisation à la mi-janvier. Depuis cet été, il n'était que quelques centaines d'irréductibles à se rassembler le samedi. Pour cet Acte 53, c'est une banderole du mouvement Extinction Rebellion qui avait pris la tête du cortège, proclamant "Urgences sociales et climatiques" alors qu'un peu plus loin, une autre affirmait "A trop nous prendre pour des clowns, ils vont rire jaune". (Belga)