"S'il n'y avait qu'une seule idée à retenir de cette déclaration de politique communautaire, c'est la confirmation du Pacte d'excellence, tant sur ses orientations que sa méthode de travail. Nous sommes heureux qu'il en soit ainsi. C'est une reconnaissance du travail accompli jusqu'ici", se félicite Etienne Michel, directeur général de SeGEC, interrogé par Belga.

Après lecture attentive de l'accord de majorité, M. Michel y décèle toutefois une série "d'inflexions", notamment concernant l'allongement du tronc commun où une certaine modularité est introduite pour permettre aux écoles qui le souhaiteront d'assurer une série d'"activités orientantes" en 3e année du secondaire, la dernière année du futur tronc commun. "Sur le principe, je n'ai pas de difficultés, mais j'ai le souci de voir si tout cela sera organisable et finançable par les écoles", glisse-t-il.

L'annonce du report d'une année supplémentaire de l'entrée en vigueur de l'allongement de la formation initiale des enseignants n'a pas non plus échappé au patron de l'enseignement catholique. "J'ai l'impression que c'est la préparation d'une réforme de la réforme...", décrypte Etienne Michel. Celui-ci salue en tout cas la volonté affichée par le futur gouvernement de revoir le décret sur les Titres et Fonctions, "lequel empoisonne la vie des directeurs d'école avec ses procédures tellement lourdes, surtout dans le contexte actuel de pénurie des enseignants".

Etienne Michel attend à présent de voir comment seront conduits les prochains chantiers prévus par le Pacte, notamment la réforme de l'enseignement qualifiant, celle du secondaire supérieur ou encore la réforme annoncée de l'enseignement en alternance.

L'accord de gouvernement arc-en-ciel préconise également une série de collaborations entre les écoles de différents réseaux d'enseignement, mais le SeGEC, traditionnellement attaché à la liberté d'enseignement, n'y trouve rien à redire. "Tant que les écoles décident elles-mêmes, sur base volontaire, de ce qu'elles partagent entre elles, je n'ai aucun problème", assure son directeur général.

Avec la décision de Maxime Prévot de siéger dorénavant dans l'opposition, le portefeuille de l'Education -qui était détenu depuis dix ans par le cdH- va à présent changer de mains, privant ainsi le l'enseignement catholique du relais privilégié qu'il a eu cette dernière décennie au sein du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Interrogé sur l'arrivée au pouvoir d'une coalition laïque en Fédération Wallonie-Bruxelles, Etienne Michel se dit "relativement serein" face à cette perspective: "Je ne vais pas tirer aujourd'hui des sonnettes d'alarme. Il faut jouer le jeu de la démocratie".