Leurs destins se croisent une nouvelle fois en 2009, alors que Frédéric Daerden s'exile à Strasbourg, la candidature de "Papa" l'empêchant d'effectuer un troisième mandat à Namur. En 2014, il arrive à la Chambre où il s'affirme comme spécialiste de la Sécurité sociale. Ses joutes verbales teintées d'accent liégeois, avec le ministre calidifontain des Pensions Daniel Bacquelaine (MR) marqueront les esprits. En 1999, il avait repris de son père les rênes du bureau de réviseurs d'entreprise DC & Co, fondé par ce dernier. Alors que dix ans plus tard, des accusations de conflits d'intérêt sont portées auprès de la Justice, dénonçant un "système Daerden", Frédéric finira par rompre tout lien avec le secteur en 2011. C'est qu'entre-temps, il est aussi devenu bourgmestre d'Herstal. Faiseur de voix, il conserve une belle notoriété, en dépit de la concurrence de plus en plus féroce à Liège du PTB. Au sein de la Fédération socialiste liégeoise, Frédéric Daerden n'a pas eu voix au chapitre après le décès de son père. Marquée par des tensions historiques entre rivaux socialistes, parmi lesquels Michel Daerden a été un acteur de premier plan, la Fédération liégeoise s'était reconstituée autour d'un "club des cinq" scellant une alliance objective. Mais ce club a volé en éclat en 2018, après qu'André Gilles et Stéphane Moreau eurent été poussés vers la sortie dans l'affaire Publifin. L'ex-député-bourgmestre de Seraing Alain Mathot a lui quitté la vie politique. Sans casseroles et porteur d'un bilan honorable, proche d'Elio Di Rupo, Frédéric Daerden devient, à l'aube de ses cinquante ans, une personnalité qui compte au parti socialiste. (Belga)