"Cet hypogée datant de 3500 à 3000 ans avant notre ère est constitué d'une entrée ouvrant sur un couloir en pente long de 3,80 mètres", précise l'Institut national des recherches archéologiques préventives (Inrap) dans un communiqué. "Il mène à une antichambre permettant d'accéder à la chambre funéraire de 6 m2 par un passage étroit permettant seulement le passage d'un homme recroquevillé". "Dès la fouille du premier niveau, les anthropologues ont constaté que la chambre funéraire réunissait hommes et femmes ainsi que des nourrissons, des enfants et des adolescents", explique l'institut. "A ce stade, la fouille révèle plusieurs niveaux d'ossements denses et très imbriqués. Plus d'une quarantaine de crânes sont déjà comptés et une trentaine de défunts aux ossements identifiés sont en cours d'études". Des éléments de parure ont également été retrouvés sur les défunts: perles de colliers, canines d'animaux perforées en pendentifs, outils en silex... La fouille en cours jusqu'à la fin du mois de novembre "va permettre de renouveler profondément les connaissances sur cette pratique funéraire et l'architecture de ce type de sépulture", estime l'Inrap. Pas moins de 160 hypogées ont été identifiés au fil des siècles dans la Marne, particulièrement en Champagne crayeuse, entre Épernay et les marais de Saint-Gond près de Sézanne. Mais seuls cinq de ces monuments ont été correctement documentés, les autres ayant été visités et vidés sans étude archéologique. La découverte de Saint-Memmie n'en est que plus exceptionnelle. (Belga)