Alors que le PTB et le cdH ne participent plus aux consultations politiques menées par le PS, et que socialistes et écologistes continuent de défendre des formules de gouvernements minoritaires à deux, les seules coalitions majoritaires encore possibles au sud du pays rendent le MR incontournable. "Nous avons laissé du temps au temps mais, désormais, nous insistons sur le fait que le moment est celui d'une alliance forte", affirme le ministre-président wallon Willy Borsus mardi dans La Libre. Les réformateurs disent préférer la tripartite arc-en-ciel (PS-MR-Ecolo) à la bipartite PS-MR, non seulement parce qu'ils estiment qu'elle correspondrait mieux au résultat des élections, mais aussi afin de mener des réformes sur base d'une majorité large. "Nous souhaitons inclure les résultats des élections, et la famille écologiste a bien progressé en Wallonie. De plus, les deux plus grandes familles politiques sont les socialistes et les libéraux", a insisté M. Borsus sur les ondes de Bel-RTL. Le chef de l'équipe MR-cdH sortante, qui a perdu sa courte majorité après la défection d'une députe, plaide pour un gouvernement "stable et large". "Il y a beaucoup d'enjeux: la création d'emplois et d'activités, l'enjeu climatique, les investissements dans la mobilité, les hôpitaux, le logement, la lutte contre la pauvreté", énumère-t-il dans La Libre. Il rappelle aussi l'extinction progressive des mécanismes de solidarité entre le nord et le sud du pays à partir de 2025. Le week-end dernier, Jean-Luc Crucke, vice-président du MR et ministre wallon sortant, avait souligné sur la RTBF et dans Le Soir qu'une tripartite permettrait aussi, vu la majorité des deux tiers dont elle disposerait, de mener de nouvelles réformes éthiques et d'autres plus structurelles. Quant aux échéances, la date symbolique du 21 juillet sera compliquée à tenir vu la complexité des dossiers en jeu, juge M. Borsus. Notamment pour la Communauté française (Fédération Wallonie-Bruxelles), où la dette pourrait passer de 8 milliards d'euros cette année à près de 12 milliards dans cinq ans, selon les chiffres du Centre de recherches en économie régionale et politique économique de l'UNamur publiés dans Le Soir mardi. "Nous réclamons un audit approfondi des finances et de l'endettement de la Communauté française, mais aussi de réexaminer une certain nombre de décisions", affirme Willy Borsus. Il juge qu'un nouveau refinancement de la Communauté française serait "extrêmement difficile" à obtenir. "Quelle entité pourrait dégager des moyens pour elle? ", s'interroge-t-il. (Belga)