"Le contenu d'un accord de gouvernement prime, mais à côté de cela, il faut savoir avec quels partenaires de coalition on veut le mettre en oeuvre. A ce moment, la qualité des négociateurs est très importante", a-t-elle affirmé.

Après une accélération des discussions entre la N-VA et les autres partis la semaine dernière, certains s'attendaient à ce que le formateur Bart De Wever annonce en début de semaine son choix de coalition. Pourtant, il n'en est rien et l'incertitude persiste.

D'après Mme Demir, la cause de cette situation réside principalement dans la division persistante au sein des partis politiques qui pourraient former un gouvernement avec les nationalistes flamands.

"Au CD&V, vous avez par exemple Pieter De Crem qui s'est très clairement exprimé en faveur d'un virage vers la droite, mais Wouter Beke ne dit pas la même chose. Au sp.a, Bruno Tobback ne veut pas gouverner avec la N-VA, tandis que John Crombez y est ouvert. Enfin, à l'Open Vld, je ne comprends pas très bien ce qu'il se passe", a déclaré l'ancienne secrétaire d'Etat. "Tout cela rend les choses difficiles", mais la N-VA est capable de poser un choix, a-t-elle insisté.

"Il y a eu beaucoup de discussions, nous avons travaillé dur dans les coulisses et nous devrions indiquer dans les prochains jours avec quelles formations nous entamerons officiellement des discussions. J'espère qu'il y aura de la fumée blanche prochainement", a-t-elle conclu.

Durant cette interview, Mme Demir n'a par contre jamais fait référence à de potentielles dissensions au sein de son propre parti. Dans la presse flamande, certains évoquent toutefois l'existence de plusieurs lignes chez les nationalistes flamands, dont certains seraient encore tentés de collaborer étroitement avec le Vlaams Belang.

Ces derniers jours, cette formation d'extrême droite n'a d'ailleurs eu de cesse d'affirmer qu'elle souhaitait participer au prochain gouvernement en Flandre. Ensemble, la N-VA et le Vlaams Belang ne suffisent toutefois pas à constituer une majorité au parlement flamand.

Les autres partenaires possibles de coalition - le CD&V, l'Open Vld et le sp.a, auxquels M. De Wever avait remis une note en juin - ont clairement affirmé qu'ils ne souhaitaient pas s'associer à l'extrême droite. Sans elle, trois options semblent possibles: une coalition bourguignonne (sp.a, N-VA et Open Vld, 64 sièges sur 124), une coalition suédoise (N-VA, Open Vld et CD&V, 70 sièges sur 124), ou même une coalition rassemblant les quatre partis (sp.a, N-VA, Open Vld et CD&V).