Le roi Philippe qui serre la main d'un président de parti et disparaît avec lui derrière les murs du Palais royal. L'image est récurrente en ces temps de formation gouvernementale. Hier encore, un grand nombre de personnalités politiques se sont présentées au Palais. Elles ont été photographiées de loin en présence du roi, avant de disparaître avec ce dernier loin des objectifs.

La rencontre qui suit la poignée de main solennelle avec le souverain est connue sous le terme de "colloque singulier". Pour que le roi puisse jouer pleinement son rôle de médiateur, rien ne doit ressortir des discussions avec les différents présidents de partis. Sans dévoiler les secrets bien gardés du colloque singulier, De Standaard a fait un tour dans les coulisses, guidé par trois visiteurs réguliers.

Le quotidien flamand explique qu'après la poignée de main, le roi conduit l'invité à son bureau. C'est dans cette salle que le discours royal du 21 juillet est enregistré et que les ministres prêtent serment. Alors que le roi Baudouin prenait habituellement place à son bureau pour s'entretenir avec ses invités, la tradition a changé depuis Albert II. "Vous vous asseyez à une table basse avec généralement quatre petits fauteuils, explique une spécialiste de ce protocole au Standaard. Sur cette table, il y a différents attributs, y compris une clochette. Je pense qu'elle sert à appeler quelqu'un si nécessaire. On vous assigne un siège. Une fois assis, on vous offre habituellement une tasse de café ou de thé."

Les conversations avec le roi Philippe ont presque toujours lieu en privé, pour créer un vrai climat de confiance. Il est très rare que son chef de cabinet soit appelé à intervenir, et cela ne se fait jamais sans le consentement de l'interlocuteur. Ce qui ne rompt pas le colloque singulier pour autant, car le chef de cabinet n'est pas considéré comme une personne extérieure. Le devoir de silence implique ainsi qu'un président peut déclarer devant les caméras le contraire de ce qu'il a dit au roi. Cela ne se saura jamais.

Le président de la NV-A Bart De Wever rencontre le roi Philippe le 10 décembre 2019. © belga

Le roi Baudouin avait l'habitude de prendre lui-même de nombreuses notes. Le roi Albert II avait souvent son chef de cabinet à ses côtés et prenait note de ce qui était dit lors de l'entrevue. Le roi Philippe prend, lui, de temps à autre quelques notes. "Mais ce n'est généralement pas nécessaire. Souvent, seules quelques phrases sont vraiment importantes dans ce genre de conversation. Le reste, c'est surtout du contexte", dit une deuxième personne familiarisée avec le protocole.

La conversation est bien préparée par l'entourage. Les entrevues suivent plus ou moins le même schéma. Les questions sont influencées par ce que le visiteur précédent a dit. C'est pourquoi l'ordre dans lequel les présidents de partis sont accueillis par le roi est soigneusement étudié. Le but ultime est de comprendre ce qui est important pour chacun.

Au début, le roi Albert II avait l'habitude de lire les questions les unes après les autres, d'attendre la réponse et de poser mécaniquement la question suivante. Par la suite, il s'est détaché du papier. Le roi Philippe n'a pas besoin de ce genre de supports écrits. Bien que ses conversations aient également été préparées jusque dans les moindres détails, le roi Philippe tente d'établir un dialogue avec ses interlocuteurs.

Après chaque entretien, le roi confirme ce qui a été discuté à son chef de cabinet, Vincent Houssiau, à son conseiller diplomatique et chef de cabinet adjoint Pierre Cartuyvels, et à son directeur de la communication Francis Sobry. Ce trio se trouve quelques pièces plus loin dans le bureau de travail du roi. Ce dernier fait la navette entre ce bureau et le bureau protocolaire où il reçoit les hommes et femmes politiques. Les trois collaborateurs royaux aident à orienter les négociations. Ils assistent le roi en première ligne dans sa délicate mission de garder sa neutralité, et en même temps de maintenir le cap dans la formation d'un gouvernement fédéral. Le roi cherche un consensus entre les différents présidents sur la prochaine étape. Sinon, il opte pour la formule qui n'est pas contestée.

Les conseillers du roi ne sont pas censés maintenir de contacts avec les partis politiques lorsque, par exemple, un informateur ou un préformateur est au travail. A ce moment-là, ils sont en principe l'intermédiaire entre le roi et le monde politique. Mais cela arrive de temps en temps. Il n'y a pas de règles strictes à ce sujet.

Le roi suit cependant de près les discussions de ses chargés de mission. Assez exceptionnellement, le roi appelle personnellement l'un des chargés de mission pour l'informer de l'état de la situation. Il n'aura jamais de surprises. Le jour où les informateurs, préformateurs ou formateurs se présentent officiellement devant les caméras pour donner leur rapport au roi, il sait exactement ce qu'ils vont annoncer, explique encore De Standaard.

Le roi Philippe qui serre la main d'un président de parti et disparaît avec lui derrière les murs du Palais royal. L'image est récurrente en ces temps de formation gouvernementale. Hier encore, un grand nombre de personnalités politiques se sont présentées au Palais. Elles ont été photographiées de loin en présence du roi, avant de disparaître avec ce dernier loin des objectifs. La rencontre qui suit la poignée de main solennelle avec le souverain est connue sous le terme de "colloque singulier". Pour que le roi puisse jouer pleinement son rôle de médiateur, rien ne doit ressortir des discussions avec les différents présidents de partis. Sans dévoiler les secrets bien gardés du colloque singulier, De Standaard a fait un tour dans les coulisses, guidé par trois visiteurs réguliers. Le quotidien flamand explique qu'après la poignée de main, le roi conduit l'invité à son bureau. C'est dans cette salle que le discours royal du 21 juillet est enregistré et que les ministres prêtent serment. Alors que le roi Baudouin prenait habituellement place à son bureau pour s'entretenir avec ses invités, la tradition a changé depuis Albert II. "Vous vous asseyez à une table basse avec généralement quatre petits fauteuils, explique une spécialiste de ce protocole au Standaard. Sur cette table, il y a différents attributs, y compris une clochette. Je pense qu'elle sert à appeler quelqu'un si nécessaire. On vous assigne un siège. Une fois assis, on vous offre habituellement une tasse de café ou de thé."Les conversations avec le roi Philippe ont presque toujours lieu en privé, pour créer un vrai climat de confiance. Il est très rare que son chef de cabinet soit appelé à intervenir, et cela ne se fait jamais sans le consentement de l'interlocuteur. Ce qui ne rompt pas le colloque singulier pour autant, car le chef de cabinet n'est pas considéré comme une personne extérieure. Le devoir de silence implique ainsi qu'un président peut déclarer devant les caméras le contraire de ce qu'il a dit au roi. Cela ne se saura jamais. Le roi Baudouin avait l'habitude de prendre lui-même de nombreuses notes. Le roi Albert II avait souvent son chef de cabinet à ses côtés et prenait note de ce qui était dit lors de l'entrevue. Le roi Philippe prend, lui, de temps à autre quelques notes. "Mais ce n'est généralement pas nécessaire. Souvent, seules quelques phrases sont vraiment importantes dans ce genre de conversation. Le reste, c'est surtout du contexte", dit une deuxième personne familiarisée avec le protocole. La conversation est bien préparée par l'entourage. Les entrevues suivent plus ou moins le même schéma. Les questions sont influencées par ce que le visiteur précédent a dit. C'est pourquoi l'ordre dans lequel les présidents de partis sont accueillis par le roi est soigneusement étudié. Le but ultime est de comprendre ce qui est important pour chacun. Au début, le roi Albert II avait l'habitude de lire les questions les unes après les autres, d'attendre la réponse et de poser mécaniquement la question suivante. Par la suite, il s'est détaché du papier. Le roi Philippe n'a pas besoin de ce genre de supports écrits. Bien que ses conversations aient également été préparées jusque dans les moindres détails, le roi Philippe tente d'établir un dialogue avec ses interlocuteurs. Après chaque entretien, le roi confirme ce qui a été discuté à son chef de cabinet, Vincent Houssiau, à son conseiller diplomatique et chef de cabinet adjoint Pierre Cartuyvels, et à son directeur de la communication Francis Sobry. Ce trio se trouve quelques pièces plus loin dans le bureau de travail du roi. Ce dernier fait la navette entre ce bureau et le bureau protocolaire où il reçoit les hommes et femmes politiques. Les trois collaborateurs royaux aident à orienter les négociations. Ils assistent le roi en première ligne dans sa délicate mission de garder sa neutralité, et en même temps de maintenir le cap dans la formation d'un gouvernement fédéral. Le roi cherche un consensus entre les différents présidents sur la prochaine étape. Sinon, il opte pour la formule qui n'est pas contestée.Les conseillers du roi ne sont pas censés maintenir de contacts avec les partis politiques lorsque, par exemple, un informateur ou un préformateur est au travail. A ce moment-là, ils sont en principe l'intermédiaire entre le roi et le monde politique. Mais cela arrive de temps en temps. Il n'y a pas de règles strictes à ce sujet.Le roi suit cependant de près les discussions de ses chargés de mission. Assez exceptionnellement, le roi appelle personnellement l'un des chargés de mission pour l'informer de l'état de la situation. Il n'aura jamais de surprises. Le jour où les informateurs, préformateurs ou formateurs se présentent officiellement devant les caméras pour donner leur rapport au roi, il sait exactement ce qu'ils vont annoncer, explique encore De Standaard.