Le Vif/L'Express a demandé à des personnalités du monde politique, économique, associatif, académique, culturel... de proposer une idée pour sortir la Belgique du marasme. Que ce soit une suggestion immédiate ou une réforme plus profonde du système.

Tracer un cap, fixer un horizon, répondre aux urgences sociales et oser investir dans l'avenir. Telles sont nos attentes, celles du monde du travail et d'une large part de la population envers les gouvernements

Dans un monde qui se transforme rapidement, où les changements technologiques et les dérèglements climatiques sont apparents et visibles, les citoyennes et citoyens de notre pays ont besoin de savoir comment celles et ceux qui les représentent seront demain aux commandes pour piloter ces changements. Comment "ces capitaines" envisagent de développer les territoires où résident chacun et chacune d'entre nous.

Pour appréhender les conséquences de ces transformations, à court et à long terme, il est nécessaire qu'un discours à hauteur d'homme, de femme précise en quelque sorte la route à emprunter et ceci au-delà d'une seule législature.

Autre priorité : répondre aux urgences sociales . Il est indiscutable que le risque de pauvreté chez les jeunes travailleurs est en hausse, que les pensions sont aujourd'hui insuffisantes pour vivre, que les vies professionnelles sont moins linéaires que hier, que l'exigence de flexibilité imposée, désarticule les temps sociaux.

Le Parlement l'a compris, lui qui débat de propositions de lois diverses portant par exemple sur la mise en place de nouvelles formes de congés thématiques. Mais le parlement fait face à deux difficultés : celle du financement de ces mesures et celle de leur cohérence avec les systèmes existants. Un gouvernement doit donc déterminer une feuille de route en la matière.

La peur du lendemain, le besoin de protection de chacune et chacun, le besoin de pouvoir se projeter dans un avenir qui sera différent d'aujourd'hui sont légitimes et il est urgent d'y répondre.

S'agissant là des fondements d'un contrat social, d'un contrat entre générations, il est urgent que des partis politiques, en bonne intelligence avec des interlocuteurs capables de s'engager (au rang desquels les interlocuteurs sociaux), fassent de ces questions le coeur des politiques à venir. Chacune, chacun peut faire confiance à un équipage si celui-ci porte une ambition positive. A la CSC, nous sommes prêts à travailler en ce sens.

Investir dans l'avenir - encore. Aucune entreprise de ce pays ne pourrait se permettre de fonctionner avec des budgets décidés mois par mois. Or, avec un gouvernement en affaires courantes (c'est le cas aujourd'hui et ce fut déjà le cas à plusieurs reprises ces dix dernières années) tous les services publics (finances, justice, emploi,...), toutes les institutions de sécurité sociale ne peuvent investir à long terme alors telle est leur mission fondamentale.

Oser investir pour garantir l'avenir, dans les palais de justice, à la SNCB, dans la sécurité sociale c'est travailler à des perspectives concrètes d'une amélioration du quotidien de chacun et en particulier des plus fragiles d'entre nous.

C'est également garantir l'état de droit.

C'est enfin, concrétiser l'exigence que la démocratie produise des résultats positifs.

C'est possible, c'est nécessaire et plus que jamais souhaitable.

Au boulot !

Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC

Le Vif/L'Express a demandé à des personnalités du monde politique, économique, associatif, académique, culturel... de proposer une idée pour sortir la Belgique du marasme. Que ce soit une suggestion immédiate ou une réforme plus profonde du système.Tracer un cap, fixer un horizon, répondre aux urgences sociales et oser investir dans l'avenir. Telles sont nos attentes, celles du monde du travail et d'une large part de la population envers les gouvernements Dans un monde qui se transforme rapidement, où les changements technologiques et les dérèglements climatiques sont apparents et visibles, les citoyennes et citoyens de notre pays ont besoin de savoir comment celles et ceux qui les représentent seront demain aux commandes pour piloter ces changements. Comment "ces capitaines" envisagent de développer les territoires où résident chacun et chacune d'entre nous. Pour appréhender les conséquences de ces transformations, à court et à long terme, il est nécessaire qu'un discours à hauteur d'homme, de femme précise en quelque sorte la route à emprunter et ceci au-delà d'une seule législature.Autre priorité : répondre aux urgences sociales . Il est indiscutable que le risque de pauvreté chez les jeunes travailleurs est en hausse, que les pensions sont aujourd'hui insuffisantes pour vivre, que les vies professionnelles sont moins linéaires que hier, que l'exigence de flexibilité imposée, désarticule les temps sociaux.Le Parlement l'a compris, lui qui débat de propositions de lois diverses portant par exemple sur la mise en place de nouvelles formes de congés thématiques. Mais le parlement fait face à deux difficultés : celle du financement de ces mesures et celle de leur cohérence avec les systèmes existants. Un gouvernement doit donc déterminer une feuille de route en la matière.La peur du lendemain, le besoin de protection de chacune et chacun, le besoin de pouvoir se projeter dans un avenir qui sera différent d'aujourd'hui sont légitimes et il est urgent d'y répondre. S'agissant là des fondements d'un contrat social, d'un contrat entre générations, il est urgent que des partis politiques, en bonne intelligence avec des interlocuteurs capables de s'engager (au rang desquels les interlocuteurs sociaux), fassent de ces questions le coeur des politiques à venir. Chacune, chacun peut faire confiance à un équipage si celui-ci porte une ambition positive. A la CSC, nous sommes prêts à travailler en ce sens.Investir dans l'avenir - encore. Aucune entreprise de ce pays ne pourrait se permettre de fonctionner avec des budgets décidés mois par mois. Or, avec un gouvernement en affaires courantes (c'est le cas aujourd'hui et ce fut déjà le cas à plusieurs reprises ces dix dernières années) tous les services publics (finances, justice, emploi,...), toutes les institutions de sécurité sociale ne peuvent investir à long terme alors telle est leur mission fondamentale.Oser investir pour garantir l'avenir, dans les palais de justice, à la SNCB, dans la sécurité sociale c'est travailler à des perspectives concrètes d'une amélioration du quotidien de chacun et en particulier des plus fragiles d'entre nous. C'est également garantir l'état de droit. C'est enfin, concrétiser l'exigence que la démocratie produise des résultats positifs. C'est possible, c'est nécessaire et plus que jamais souhaitable. Au boulot !Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC