Le chef de l'Etat a désigné le 5 novembre le président du PS pour mener un nouveau tour d'information en vue de former un gouvernement fédéral après l'échec des préformateurs Rudy Demotte (PS) et Geert Bourgeois (N-VA). Le socialiste a pris sa mission en étendant la liste des partis consultés. Les informateurs précédents, Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (sp.a), avaient progressivement réduit leurs discussions à six partis (socialistes, libéraux, CD&V et N-VA). Les préformateurs avaient consulté les écologistes en plus des six partis. M. Magnette a quant lui entretenu des contacts avec dix partis, c'est-à-dire avec DéFI et surtout le cdH en plus. Ce retour des centristes francophones est sans doute l'un des faits les plus marquants depuis le 5 novembre. Jusqu'à présent, le cdH s'en tenait à son annonce d'après élections: il siégerait dans l'opposition partout. M. Prévot a rappelé qu'il y avait une deuxième partie à sa position du 3 juin: le cdH sera "au rendez-vous pour envisager un soutien, même extérieur, à toutes les importantes réformes dont ce pays a besoin pour sa stabilité et son essor". L'informateur essaie de trouver des convergences entre les différents partis sur un nombre restreint de thèmes, en essayant d'abord d'identifier des objectifs communs -lundi passé, il a cité le relèvement du taux d'emploi- et les moyens pour y parvenir. Dans ce contexte, l'institutionnel n'est pas un thème en soi mais il est présent de manière "transversale". L'informateur a eu des entretiens bilatéraux avec des familles politiques (socialistes, écologistes et libérales) ou des partis pris isolément, N-VA, DéFI, cdH et CD&V. Malgré le retour du cdH dans le jeu, il ne forme pas (encore) une famille démocrate-chrétienne avec le CD&V. Jusqu'à l'échec de MM. Bourgeois et Demotte, la formule de coalition privilégiée associait le PS et la N-VA. La désignation de M. Magnette laisse entrevoir des formules sans la N-VA. Pour qu'elles se réalisent, il faudra toutefois que l'Open Vld et/ou le CD&V qui se sont alliés aux nationalistes au gouvernement flamand se désolidarisent d'eux à l'échelon fédéral. Dans le cas du CD&V, il est peu probable qu'une évolution intervienne avant la désignation d'un nouveau président attendue le 6 décembre. (Belga)