"Je peux affirmer que certains points de convergence se dégagent", a indiqué lundi M. Magnette lors d'une conférence de presse à la Chambre, à mi-chemin de sa mission d'information. Depuis jeudi dernier, l'informateur a consulté dans une "excellente ambiance de travail" les précédents informateurs, Johan Vande Lanotte (sp.a) et Didier Reynders (MR), ainsi que les dix partis "disponibles" pour former un gouvernement.

Six d'entre eux se sont présentés à lui en famille (socialistes, libéraux et écologistes), tandis que les quatre autres (DéFI, cdH, N-VA et CD&V) ont été rencontrés individuellement. Lors de ses entretiens, l'informateur a cherché à identifier les "enjeux prioritaires" pour les citoyens.

Dans cette optique, il a pu observer qu'un consensus existait entre les partis quant à la nécessité d'améliorer le taux d'emploi, a souligné l'informateur. "Les recettes pour y parvenir ne sont pas les mêmes d'une formation à l'autre, mais elles peuvent être complémentaires plutôt que contradictoires", a-t-il expliqué.

Dans le cadre de sa mission, M. Magnette a également identifié quatre autres thématiques prioritaires: la transition climatique, la cohésion sociale et la lutte contre la pauvreté, la justice et la sécurité ainsi que la politique migratoire. Parallèlement à la recherche de convergences sur ces points, l'informateur va mener une réflexion sur les moyens budgétaires, et ce alors que la Commission européenne a récemment prédit un déficit public belge en forte augmentation dans les trois prochaines années, plongeant - à politique inchangée - à 1,7% cette année, 2,3% en 2020 et 2,6% en 2021.

Paul Magnette rencontrera d'ailleurs à ce propos le commissaire européen Pierre Moscovici, avec lequel il entend s'entretenir des éventuelles évolutions des règles budgétaires européennes. En ce qui concerne la dimension institutionnelle, l'informateur a précisé qu'elle ne constituera pas une thématique à part entière des discussions, mais qu'elle sera examinée de manière transversale "sereinement" et "sans tabous". "On ne fait jamais une réforme de l'Etat juste pour en faire une.

Si nous réformons l'Etat, c'est pour le rendre plus efficace", a insisté M. Magnette. Cette manière transversale d'aborder les questions institutionnelles permet "d'en réduire le caractère sensible tout en rendant le dialogue plus simple", d'après lui. Les notes écrites élaborées par M. Magnette vont désormais être transmises aux acteurs impliqués dans le processus. Elles seront constituées de trois parties. La première comprendra des données chiffrées, "des chiffres et des faits objectifs", afin d'éviter des blocages "idéologiques" ou des prises de positions "fantaisistes".

La deuxième portera sur les objectifs à atteindre, tandis que la troisième se focalisera sur les moyens pour ce faire. Ces notes devront permettre de mieux percevoir l'adhésion des partis aux différentes propositions, a précisé l'informateur. "Dans les discussions, il n'est en effet pas toujours possible de mesurer dans le détail l'adhésion. Par écrit, c'est plus clair", a-t-il résumé.

D'ici vendredi, M. Magnette poursuivra ses discussions avec les partis avant d'élaborer une note de synthèse qu'il présentera au Roi lundi prochain. Si des progrès suffisants sont réalisés et que la demande lui en est faite, il s'est dit disponible pour poursuivre sa mission au-delà du 18 novembre. L'informateur, un "tout petit peu plus optimiste" que la semaine dernière quant à ses chances d'aboutir, a par contre refusé d'exprimer une préférence pour une future coalition.

"Je travaille sur les priorités"

"J'ai été chargé d'une mission d'information, pas de préformation. Je travaille sur les priorités", a-t-il martelé. Lors de ses consultations, M. Magnette a toutefois constaté que "neuf des dix partis" n'excluaient pas de monter dans un gouvernement, tandis qu'une formation lui a fait part de sa disponibilité pour offrir un soutien depuis l'extérieur. L'informateur, qui n'a pas précisé de quel parti il s'agissait, a par contre souligné qu'il continuait à discuter avec l'ensemble des formations impliquées dans le processus. DéFI (2 sièges à la Chambre) et le cdH (5 sièges), les deux partis qui ont parfois évoqué la possibilité d'un soutien externe, ont par ailleurs réaffirmé lundi soir leur disponibilité à participer à des négociations en vue de former un gouvernement.

"Je confirme que DéFI est prêt à participer à des négociations gouvernementales et à assumer ses responsabilités pour garantir la stabilité des institutions et rechercher la plus grande efficacité des politiques par des vraies réformes", a déclaré son président Olivier Maingain sur Twitter. Via le même canal, son homologue du cdH, Maxime Prévot en a fait de même. "Nous avons dit notre disponibilité pour favoriser une sortie de crise. Notre rencontre avec l'informateur royal fut constructive et nous poursuivrons donc les discussions avec lui dans les jours qui viennent. Des rendez-vous sont déjà fixés", a-t-il précisé.