Le Vif/L'Express a demandé à des personnalités du monde politique, économique, associatif, académique, culturel... de proposer une idée pour sortir la Belgique du marasme. Que ce soit une suggestion immédiate ou une réforme plus profonde du système.

"À l'heure où les partis se cassent les dents sur des exclusives de toutes sortes, cet appel a pour vocation de stimuler la créativité des Belges, au-delà des slogans réducteurs et des impasses dépressives". Telle était la demande du Vif lorsqu'il a invité plusieurs parties prenantes à proposer des pistes de solution pour débloquer notre pays. Pour apporter notre contribution à ce dossier, à la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), nous aurions pu reprendre mot pour mot l'opinionque nous avons écrite il y a neuf mois et qui mettait déjà en exergue les principaux défis sur lesquels notre pays devrait se concentrer et l'importance cruciale de ne pas rester dans l'impasse.

J'imagine que comme la majorité des parties prenantes dans ce débat, nous allons nous répéter. Oui, le monde des entreprises est inquiet. La situation budgétaire se détériore en l'absence d'un gouvernement de plein pouvoir qui puisse prendre des mesures concrètes et structurelles. Oui, il est urgent que chacun prenne ses responsabilités, et cela, des deux côtés de la frontière linguistique. Oui, il est important de réaliser des investissements productifs pour augmenter la croissance économique. Oui, nous invitons les politiques à se concentrer sur les points de convergence plutôt que sur les points de divergence. Et oui, les défis du prochain gouvernement, nous les connaissons depuis longtemps : le marché du travail, les pensions et les allocations sociales, la mobilité et l'énergie et le climat. Tous doivent s'inscrire dans un cadre de surveillance budgétaire.

J'ai souvent l'impression que les hommes et femmes de ce pays se focalisent surtout sur ce qui n'est pas possible au lieu de se mettre autour de la table et de se mettre d'accord sur les thèmes (énumérés dans le paragraphe ci-dessus) qui impactent réellement la vie quotidienne des citoyens. Aurions-nous égaré le sens du compromis à la belge entre deux élections ? Le premier facteur déterminant dans le cadre d'une formation gouvernementale est donc, pour moi, la capacité de proposer un réel projet. Nous parlons beaucoup de couleurs, mais peu de projets.

Ensuite, il serait peut-être utile de commencer le premier tour par la désignation d'un médiateur neutre comme le Président de la Cour des comptes (institution parlementaire). De cette manière, nous mettrions l'accent directement sur les contraintes budgétaires. Il est primordial pour la santé et le bon fonctionnement de notre pays de prendre la réalité budgétaire comme point de départ. Après une objectivation budgétaire, un (pré)-formateur issu du monde politique pourrait être désigné. Cette période de clarification permettrait aussi aux partis politiques de digérer les élections en interne.

À côté de cette proposition, le prochain Premier ministre devrait, selon moi, convenir avec ses collègues de ne pas donner d'interviews avant le conseil des ministres sur les trottoirs du 16 rue de la Loi. Il n'est pas aisé de commencer un réel travail au sein du gouvernement quand un des acteurs a déjà fait de grandes déclarations dans la presse. Après le conseil des ministres, la décision prise pourrait être communiquée. Cela permettrait plus de clarté et moins de malentendus. Cela éviterait beaucoup de chamailleries.

Enfin, pouvoir s'exprimer dans l'autre langue nationale dans un niveau acceptable est aussi un élément essentiel pour les ministres au Fédéral, car cela leur permet d'expliciter leurs décisions dans les autres régions du pays. Ceci n'est pas la solution à tous nos problèmes, mais en plus d'aider à mieux se comprendre autour de la table et à mieux respecter les points de vue des uns et des autres, cela responsabilise les ministres face au pays et permet de mieux les faire connaître partout dans le Royaume.

Le Vif/L'Express a demandé à des personnalités du monde politique, économique, associatif, académique, culturel... de proposer une idée pour sortir la Belgique du marasme. Que ce soit une suggestion immédiate ou une réforme plus profonde du système."À l'heure où les partis se cassent les dents sur des exclusives de toutes sortes, cet appel a pour vocation de stimuler la créativité des Belges, au-delà des slogans réducteurs et des impasses dépressives". Telle était la demande du Vif lorsqu'il a invité plusieurs parties prenantes à proposer des pistes de solution pour débloquer notre pays. Pour apporter notre contribution à ce dossier, à la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), nous aurions pu reprendre mot pour mot l'opinionque nous avons écrite il y a neuf mois et qui mettait déjà en exergue les principaux défis sur lesquels notre pays devrait se concentrer et l'importance cruciale de ne pas rester dans l'impasse.J'imagine que comme la majorité des parties prenantes dans ce débat, nous allons nous répéter. Oui, le monde des entreprises est inquiet. La situation budgétaire se détériore en l'absence d'un gouvernement de plein pouvoir qui puisse prendre des mesures concrètes et structurelles. Oui, il est urgent que chacun prenne ses responsabilités, et cela, des deux côtés de la frontière linguistique. Oui, il est important de réaliser des investissements productifs pour augmenter la croissance économique. Oui, nous invitons les politiques à se concentrer sur les points de convergence plutôt que sur les points de divergence. Et oui, les défis du prochain gouvernement, nous les connaissons depuis longtemps : le marché du travail, les pensions et les allocations sociales, la mobilité et l'énergie et le climat. Tous doivent s'inscrire dans un cadre de surveillance budgétaire. J'ai souvent l'impression que les hommes et femmes de ce pays se focalisent surtout sur ce qui n'est pas possible au lieu de se mettre autour de la table et de se mettre d'accord sur les thèmes (énumérés dans le paragraphe ci-dessus) qui impactent réellement la vie quotidienne des citoyens. Aurions-nous égaré le sens du compromis à la belge entre deux élections ? Le premier facteur déterminant dans le cadre d'une formation gouvernementale est donc, pour moi, la capacité de proposer un réel projet. Nous parlons beaucoup de couleurs, mais peu de projets.Ensuite, il serait peut-être utile de commencer le premier tour par la désignation d'un médiateur neutre comme le Président de la Cour des comptes (institution parlementaire). De cette manière, nous mettrions l'accent directement sur les contraintes budgétaires. Il est primordial pour la santé et le bon fonctionnement de notre pays de prendre la réalité budgétaire comme point de départ. Après une objectivation budgétaire, un (pré)-formateur issu du monde politique pourrait être désigné. Cette période de clarification permettrait aussi aux partis politiques de digérer les élections en interne. À côté de cette proposition, le prochain Premier ministre devrait, selon moi, convenir avec ses collègues de ne pas donner d'interviews avant le conseil des ministres sur les trottoirs du 16 rue de la Loi. Il n'est pas aisé de commencer un réel travail au sein du gouvernement quand un des acteurs a déjà fait de grandes déclarations dans la presse. Après le conseil des ministres, la décision prise pourrait être communiquée. Cela permettrait plus de clarté et moins de malentendus. Cela éviterait beaucoup de chamailleries. Enfin, pouvoir s'exprimer dans l'autre langue nationale dans un niveau acceptable est aussi un élément essentiel pour les ministres au Fédéral, car cela leur permet d'expliciter leurs décisions dans les autres régions du pays. Ceci n'est pas la solution à tous nos problèmes, mais en plus d'aider à mieux se comprendre autour de la table et à mieux respecter les points de vue des uns et des autres, cela responsabilise les ministres face au pays et permet de mieux les faire connaître partout dans le Royaume.