Un pas prometteur semblait avoir été franchi sur la voie du retrait de la circulation des véhicules polluants lorsque, à l'été 2018, Flandre, Wallonie et Bruxelles, compétentes en matière de contrôle technique, s'engageaient de concert dans un programme de détection sophistiquée des particules fines émises par les moteurs diesel. L'affaire suivait son cours jusqu'à ce que la ministre Peeters tire le frein à main sur la mise en service d'une nouvelle génération d'appareils de mesure, déclarant que mieux vaut attendre que l'Europe se prononce sur cette question techniq...

Un pas prometteur semblait avoir été franchi sur la voie du retrait de la circulation des véhicules polluants lorsque, à l'été 2018, Flandre, Wallonie et Bruxelles, compétentes en matière de contrôle technique, s'engageaient de concert dans un programme de détection sophistiquée des particules fines émises par les moteurs diesel. L'affaire suivait son cours jusqu'à ce que la ministre Peeters tire le frein à main sur la mise en service d'une nouvelle génération d'appareils de mesure, déclarant que mieux vaut attendre que l'Europe se prononce sur cette question technique. Rien ne l'y obligeait mais le bon sens même doit parler : " La qualité de l'air ne s'arrête pas aux frontières de la Flandre, d'où mon appel à faire examiner la question à l'échelle européenne ". Pour un cadre législatif flamand, on verra (bien) plus tard. Le virage ainsi pris en émeut plus d'un au nord du pays. A commencer par le GOCA Vlaanderen, le contrôle technique flamand, impatient d'activer dans ses stations le nouvel arsenal technologique au service d'une réduction sensible des émissions des particules fines et de la lutte contre une fraude aux filtres - qui ne serait pas à sous-estimer. 165 000 véhicules diesel Euro-5 circuleraient dans le pays avec un filtre à particules soit défectueux soit délibérément enlevé, s'il faut en croire une étude du VAB, l'association flamande des automobilistes. De quoi faire démarrer Groen au quart de tour : " inacceptable ", " incompréhensible que l'évidence scientifique soit évacuée par un ministre, juste au moment où des experts nous guident à travers une crise sanitaire inédite et démontrent que la pollution par les particules fines aggrave les infections liées au coronavirus ". La ministre dit pouvoir tout expliquer : le dossier est loin d'être techniquement finalisé à son goût et puis basta, assez de réglementite aiguë et tracassière. Et Lydia Peeters de s'étonner que l'on s'étonne de l'arrêt d'un processus qu'elle n'aurait en rien arrêté. Dans les autres capitales régionales, Bruxelles (en version gouvernementale bruxelloise) et Namur, on tend l'oreille et on lève un sourcil. En décidant d'aligner l'horloge flamande sur une heure européenne indéterminée, la ministre Peeters pourrait promouvoir un inédit tourisme interrégional du contrôle technique qui verrait automobilistes bruxellois et wallons migrer vers des stations flamandes, moins sévères. " Le changement de priorité en Région flamande est un élément quelque peu étonnant. Je vais en investiguer plus avant les raisons ", vient d'assurer depuis le bord de Meuse la ministre régionale compétente, Valérie de Bue (MR). Mais d'ici là, pas de quoi en faire tout un plat, " l'on ne sera de toute façon pas prêt aux échéances prévues, à savoir en 2021 ", a rassuré la ministre libérale francophone dans un souci de ne pas accabler la ministre libérale flamande.