Les autorités prient le ciel pour qu'après le beau temps vienne la pluie et un été suffisamment pourri pour renflouer des réserves d'eau passablement entamées en ce printemps chiche en draches. La ministre flamande de l'Environnement en perd ses repères : " Auparavant, j'étais toujours de méchante humeur lorsqu'il pleuvait. Aujourd'hui, pleuvoir me rend si heureuse ", confiait début mars aux députés flamands une Zuhal Demir (N-VA) encore prudemment optimiste : " Il a beaucoup plu au début de l'année, nous sommes dans une bien meille...

Les autorités prient le ciel pour qu'après le beau temps vienne la pluie et un été suffisamment pourri pour renflouer des réserves d'eau passablement entamées en ce printemps chiche en draches. La ministre flamande de l'Environnement en perd ses repères : " Auparavant, j'étais toujours de méchante humeur lorsqu'il pleuvait. Aujourd'hui, pleuvoir me rend si heureuse ", confiait début mars aux députés flamands une Zuhal Demir (N-VA) encore prudemment optimiste : " Il a beaucoup plu au début de l'année, nous sommes dans une bien meilleure situation qu'à la même époque l'année précédente. Mais nous ne devons pas crier victoire " tant que la Flandre n'a pas refait le plein de ses réservoirs. Deux bons mois plus tard, la jauge est au point mort. Pis : jamais, depuis 119 ans, le pays ne s'est encore préparé à aborder un été aussi sec. " S'il ne pleut pas rapidement, on court à la catastrophe ", s'alarme Patrick Willems, spécialiste dans la gestion de l'eau à la KULeuven, l'oeil braqué sur le relevé des compteurs en Flandre. S'y affichent un déficit de précipitations de 100 litres par mètre carré et des niveaux d'eaux souterraines anormalement bas dans la moitié des lieux de mesurage. Et ce, avant même l'arrivée de la belle saison, alors que l'hiver n'a pu être mis à profit pour reconstituer les stocks et qu'à ce stade tout indique que la Belgique pourrait encore passer entre les gouttes ces prochaines semaines. Se dessine le scénario d'une Flandre déjà bien à sec pour supporter une nouvelle période prolongée de sécheresse, plus mal lotie que la Wallonie où la situation est qualifiée de " bonne et sous contrôle ". A qui la faute ? A tous les partis, a reconnu Zuhal Demir en faisant adopter début avril au parlement flamand un plan de gestion des eaux 2020-2025 qui ne suffira déjà plus à redresser la barre. Le monde politique flamand ne s'est que trop peu mouillé dans la chasse au béton envahissant - 14% de superficie bâtie en Flandre - qui empêche les eaux de pluie de pénétrer dans le sol et de régénérer les nappes phréatiques. Avec pour effet d'accroître la dépendance flamande aux cours d'eau, surtout wallons, pour se ravitailler en eau potable. Trêve de regrets, la Flandre passe en préalerte. Code jaune activé, vigilance accrue, premières mesures préventives, gouverneurs de province invités à faire prohiber certains pompages, notamment pour arroser les champs. En espérant pouvoir faire face à la hausse redoutée de 10 à 15 % de la consommation d'eau, autre cadeau empoisonné de la crise sanitaire. En croisant les doigts pour ne pas avoir à imposer aux vacanciers cloués à domicile de n'ouvrir le robinet qu'avec modération. Et sans broncher, alstublieft.