La "marche rouge", de la couleur des tee-shirts portés par les manifestants, a rassemblé entre 3.000 et 4.000 personnes, selon les organisateurs, au bruit des tambours et aux cris de "Stop au cauchemar, fermons les abattoirs" ou "Assez de sang versé! " Poules, canards, oies, vaches et porcs ornaient les pancartes, sur lesquelles on pouvait lire: "derrière chaque morceau de viande, il y a un être sensible". Des drapeaux du Parti animaliste - qui a doublé son score avec 2,2 % des voix aux dernières élections européennes - et d'associations de lutte pour le bien-être animal comme L-214, qui appelait au rassemblement, Action Antispéciste ou One Voice, étaient également visibles au-dessus du cortège. Au moment du départ, sur la place de la République, la statue de Marianne - symbole de la République française depuis la Révolution - a été aspergée de faux sang par une dizaine de militants antispécistes, interpellés dans le calme par les forces de l'ordre. "On est là pour dire que ce n'est pas parce qu'un individu est différent de nous qu'il a moins de valeur. Aujourd'hui, notre plaisir gustatif a plus de valeur que la vie animale", a déclaré à l'AFP Hugo Bouxom, référent Île-de-France de l'association L214. "La question du bien-être animal fait aujourd'hui consensus. C'est le moment de légiférer, d'abolir les pires pratiques comme l'élevage de poules en cage ou les temps très longs de transport des animaux dans les bateaux, les camions", a-t-il estimé. Également présents, des militants animalistes de "Boucherie Abolition", qui se bat pour l'abolition de l'élevage, en dénonçant un "holocauste", "un crime pour l'humanité" ou encore "un génocide". Depuis plusieurs mois, les actes de vandalisme et les incidents se multiplient contre des élevages, mais aussi contre des boucheries et commerces de bouche. Trois et six mois de prison avec sursis ont été requis mardi contre deux militants antispécistes, opposés à toute hiérarchie entre les espèces, jugés pour l'agression d'un boucher bio début mai à Paris. (Belga)