Depuis les élections du 26 mai, les regards sont tournés vers le PS et la N-VA, premiers partis de leur communauté linguistique. Après quatre mois d'information, Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (sp.a) ont invité les deux formations à se jeter à l'eau. Libéraux et chrétiens-démocrates les appellent toutes deux régulièrement à "prendre leurs responsabilités" et entamer des négociations pour former une majorité. Le président du MR et ex-Premier ministre, Charles Michel, l'a rappelé encore lundi matin, en allant jusqu'à parler de "nonchalance coupable" et de "lâcheté" dans le chef de ceux qui refusent "de faire le pas intelligent vers l'autre".

Le président du PS, Paul Magnette, a inversé lundi la perspective. Il a mis en cause les réformes institutionnelles que réclament les nationalistes flamands et qui visent aussi bien les grandes fonctions de l'Etat que la sécurité sociale. Pour le PS, il n'est pas question d'entamer des discussions sur ce point. "Le PS a toujours été clair: nous ne voulons pas discuter du confédéralisme, de la fin de la Belgique et de la sécurité sociale", a-t-il dit. Et, selon lui, si la N-VA persiste dans ses revendications, il lui incombe de tenter de trouver une majorité pour mettre en oeuvre son programme institutionnel. "On voit bien qu'on est dans l'impasse", a reconnu M. Magnette.

Le président du PS ne s'est pas prononcé sur une autre formule de coalition mais il a répété que la N-VA n'était pas incontournable. D'autres formules de coalition sont possibles, par exemple en associant les socialistes, les écologistes, les libéraux et le CD&V. Ecolo et Groen ont d'ailleurs envoyé un communiqué rappelant qu'ils étaient disponibles "pour des solutions". L'Open Vld et le CD&V, en revanche, jugent très difficile d'entrer dans un gouvernement sans majorité dans le groupe linguistique flamand, ce qui serait le cas d'une coalition sans la N-VA. Les libéraux flamands ont en outre exclu une formule avec les écologistes.

La persistance du blocage peut-elle déboucher sur des élections anticipées? Aucun parti ne l'envisage publiquement jusqu'à présent. Ce scénario ne peut pourtant être exclu.

"S'il y a cet acharnement à refuser de prendre ses responsabilités, à refuser d'être courageux, tôt ou tard viendra la question des élections anticipées. Qu'est-ce que ça réglera? Rien. Après de telles élections, la carte politique sera encore un peu plus compliquée", a prédit M. Michel.

Le Roi Philippe et Bart De Wever © BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE

Les libéraux et le sp.a seront reçus par le Roi mardi

Le Roi poursuivra mardi ses consultations politiques. Il recevra la Première ministre et négociatrice du MR, Sophie Wilmès, à 9h30. Elle sera suivie par la présidente de l'Open Vld, Gwendolyn Rutten, à 10h30, et par le président du sp.a, John Crombez, à 11h30, a-t-on appris lundi.

Le chef de l'Etat a reçu lundi après-midi le président du PS, Paul Magnette, puis son homologue de la N-VA, Bart De Wever.

Les préformateurs Rudy Demotte (PS) et Geert Bourgeois (N-VA) avaient précédemment fait rapport au Roi. A bonne source, l'on indiquait qu'ils avaient demandé à être déchargés de leur mission. Le Roi tient sa décision en délibéré et entame des consultations, avait annoncé un communiqué du Palais royal après l'audience.

Ecolo rappelle la disponibilité des Verts au vu de l'impasse de l'option N-VA/PS

La principale option de formation d'un gouvernement fédéral envisagée depuis les élections, à savoir allier la N-VA et le PS, "mène à une impasse", tandis que les Verts "restent disponibles pour des solutions", a affirmé lundi Ecolo dans un communiqué.

"Ça fait onze mois que le pays est en affaires courantes. Aucune entreprise, et a fortiori aucun État, ne peut se permettre une telle absence de prise de responsabilité pendant une période aussi longue. Les partis concernés par la discussion s'expriment en coulisse mais aucune discussion sérieuse n'a été entamée entre eux. Et c'est cette attitude hypocrite qui pose problème. Il n'y a pas de budget, ni plan climat; les ministres, y compris le Premier, s'enfuient un à un; et les mesures nécessaires à la bonne gestion du pays ne sont pas prises, quel que soit le domaine. Ce n'est pas sérieux! Et c'est néfaste pour la démocratie dans sa globalité", a affirmé Rajae Maouane, coprésidente d'Ecolo.

Le parti réclame une avancée réelle, craignant que le tour de discussions entamé ce lundi ne serve qu'à gagner du temps. "Nous sommes prêts à travailler", presse Jean-Marc Nollet, coprésident d'Ecolo.