Le duo a été chargé le 8 octobre par le souverain d'"examiner les bases concrètes en vue de la formation d'un gouvernement fédéral autour de leurs partis respectifs, et ceci avec les quatre autres partis impliqués dans les discussions", soit le MR, le CD&V, l'Open Vld et le sp.a, selon le Palais. Les deux hommes ont travaillé dans la même discrétion que leurs prédécesseurs, Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (sp.a), qui avaient mené une mission d'information de plus de quatre mois à la suite des élections générales du 26 mai dernier. Ils sont attendus dans l'après-midi au Palais royal et pourraient, selon une source informée, tenir ensuite une conférence de presse.

Si peu d'informations ont filtré de cette mission de préformation, de nombreux responsables politiques - et notamment dans les rangs libéraux, dont la Première ministre démissionnaire Sophie Wilmès (MR) - continuent à plaider pour un gouvernement associant les deux principaux partis de part et d'autre de la frontière linguistique: le PS et la N-VA. Mme Wilmès, qui est également négociatrice du MR à l'échelon fédéral, a affirmé espérer que le rapport des préformateurs sera l'amorce d'un travail sur le contenu d'un projet politique car il n'y a, à ses yeux, plus de temps à perdre avant de former un nouveau gouvernement fédéral. "Un gouvernement PS-N-VA reste le scénario numéro un car il n'est pas épuisé", a-t-elle souligné dans une interview publiée samedi par le journal 'La Libre Belgique'. "On a besoin d'un gouvernement de plein exercice pour prendre des mesures nécessaires en termes budgétaires, pour le soutien de l'économie, pour un projet de société", avait-elle ajouté.

Selon la RTBF, le nouveau président du PS, Paul Magnette, et son homologue nationaliste flamand, Bart De Wever, se sont rencontrés et ont discuté. Des avancées auraient même eu lieu sur certains points. Mais dans le même temps, les points de blocage demeurent nombreux et importants. Les écologistes francophones et néerlandophones d'Ecolo et Groen soulignent pour leur part qu'il existait des "alternatives" à une majorité violette et jaune associant libéraux, socialistes et nationalistes flamands et qu'ils restaient "disponibles". Le chef du groupe écologiste Kristof Calvo (Groen) a ainsi évoqué ouvertement - et des responsables d'Ecolo plus discrètement - la piste d'une deuxième voie, à avoir une coalition violette (rassemblant le ou les partis socialistes et libéraux) et verte, sans la N-VA. Une telle possibilité a toutefois été exclue par le député flamand Peter Van Rompuy (CD&V). "Un gouvernement avec entre autres Ecolo, n'est pas armé pour s'attaquer aux défis qui nous attendent. Je pense au budget, à la lutte contre la récession économique et à une politique migratoire ferme.

Une politique climatique ambitieuse est tout à fait possible sans les Verts", a-t-il affirmé sur les réseaux sociaux. Le principal hic, ce serait surtout l'absence d'une majorité côté flamand cependant. "Le précédent gouvernement sans majorité flamande, celui de Di Rupo, a poussé la N-VA en 2014 vers un score de 32% des voix en Flandre. Un nouveau gouvernement fédéral sans majorité parmi les néerlandophones paverait le chemin pour le Vlaams Belang, pour décrocher un score identique en 2024", a fait valoir M. Van Rompuy.

Le bourgmestre de Damme et patron du port de Zeebrugge, Joachim Coens, par ailleurs candidat à la présidence du CD&V, a quant à lui plaidé samedi dans les colonnes du quotidien 'Het Laatste Nieuws' en faveur de la formation après le 1er janvier d'un gouvernement technique composé d'une dizaine d'experts, issus du monde académique, administratif et de l'entreprise.