Ce qu'on entend: "Les mesures liberticides vont provoquer des décès collatéraux plus importants." Pourquoi c'est probable.
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"Le corona tuera quatre fois." Telle était la prévision de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), en mars dernier, à l'aube d'une première vague qui allait faire des victimes directes, mais aussi indirectes, à plus long terme. Report de soins, maladies détectées tardivement, dépressions et malêtre psychosocial. Une prédiction qui ne peut pas (encore) être confrontée à des statistiques. Les données officielles de Statbel portant sur les décès ventilés par causes ne sont disponibles que jusqu'en 2017. Celles concernant 2020 ne sont pas attendues avant un an, au moins. L'analyse de la mortalité entre janvier et septembre n'indique toutefois pas de hausse qui s'expliquerait par des décès collatéraux. Pour l'instant ? Nombre de médecins le craignent, constatant parmi leurs patients des personnes refusant, le printemps dernier comme cet automne, de se rendre à l'hôpital par crainte d'être infectées par la Covid-19. Nombre d'oncologues redoutent des diagnostics trop tardifs de cancers, qui impliqueraient une "perte de chances" de pouvoir les contrer, sans oublier les campagnes de dépistage, qui ont drastiquement diminué. Nombre de chirurgiens s'inquiètent de devoir à nouveau reporter des opérations, alors qu'ils n'avaient pas toujours rattrapé leur retard. Nombre de cardiologues s'effraient de maladies cardio-vasculaires insuffisamment prises en charge. Nombre de psychologues s'alarment de l'état de santé mentale d'une population au gré des reconfinements. Mais les dirigeants politiques ont fait un choix : d'abord lutter contre le corona. Plus visible, plus urgent, sans doute. Les dégâts collatéraux sur la santé publique, s'ils se confirment, passeront, eux, probablement davantage inaperçus au fil des prochains mois et années.