"Je pense que ce qu'il manque maintenant en politique, c'est du leadership. On a du management quotidien. On a un très bon management quand il s'agit de préparer les prochaines élections, mais il y a très peu de leadership. On avance sur la pointe des pieds en s'excusant presque de devoir prendre des mesures qui protègent l'environnement alors que cela devrait être exactement l'inverse", regrette le psychiatre, aventurier et aéronaute suisse au cours d'un entretien avec l'agence Belga et la RTBF. "En fait, il y a deux COP en une. La COP officielle, dont on attend beaucoup et qui donnera peut-être très peu. C'est celle des négociations internationales où il faut un consensus. Par conséquent, on s'accorde toujours sur le plus petit commun dénominateur. C'est pour cela que cela avance très peu. Et il y a une autre COP à l'intérieur de la COP, c'est celle des coalitions. C'est celle des pays et des entreprises qui veulent aller beaucoup plus vite, qui ne cherchent pas l'unanimité", poursuit Bertrand Piccard, évoquant la kyrielle d'engagements volontaires annoncés depuis le début de la COP26 sur la réduction des émissions de méthane, la lutte contre la déforestation, etc. La fondation que le Suisse a fondée dans la foulée du tour du monde à bord de l'avion solaire "Solar Impulse" s'était fixé l'objectif d'identifier 1.000 solutions, de par le monde, pour le climat. "On a passé les 1.000 en avril 2021 et maintenant on est à 1.300 de ces solutions. Elles sont toutes économiquement rentables, elles créent des emplois et en même temps, elles permettent de protéger l'environnement", s'enthousiasme Bertrand Piccard, qualifiant ces solutions de "boîte à outils que l'on amène aux gouvernements pour leur permettre d'atteindre leur but plus rapidement". "C'est la théorie du piranha", poursuit le Suisse. "Quand vous avez un piranha qui vous mord, ça vous fait pas mal, c'est un petit poisson. Mais si vous en avez 1.300 qui arrivent, vous êtes réduits à l'état de squelette en deux minutes. Les 1.300 solutions que l'on a identifiées dans le monde, c'est exactement la même chose, il n'y en a pas une qui va sauver le monde mais toutes ensemble, elles vont contribuer énormément à diminuer les émissions de CO2, à être plus efficients, à avoir moins de déchets, des énergies plus propres..." Certaines de ces solutions "labellisées" Solar Impulse sont d'ailleurs mises en oeuvre en Belgique. La Wallonie a noué un partenariat avec la fondation, de même que la Ville de Bruxelles. "La première solution qui a été amenée à la Ville de Bruxelles, c'est une solution belge pour identifier les fuites d'eau dans les circuits d'eau publics. En un mois, cette solution avait déjà été rentabilisée par les milliers de mètres cubes d'eau qui avaient été économisés." Bertrand Piccard lance enfin un appel aux décideurs, notamment belges, à travailler avec la fondation Solar Impulse pour "construire un guide de solutions" adapté à leur pays, à leur région ou à leur ville. "Cela permet d'offrir nos connaissances, notre know-how, notre expertise à ceux qui en ont besoin." (Belga)

"Je pense que ce qu'il manque maintenant en politique, c'est du leadership. On a du management quotidien. On a un très bon management quand il s'agit de préparer les prochaines élections, mais il y a très peu de leadership. On avance sur la pointe des pieds en s'excusant presque de devoir prendre des mesures qui protègent l'environnement alors que cela devrait être exactement l'inverse", regrette le psychiatre, aventurier et aéronaute suisse au cours d'un entretien avec l'agence Belga et la RTBF. "En fait, il y a deux COP en une. La COP officielle, dont on attend beaucoup et qui donnera peut-être très peu. C'est celle des négociations internationales où il faut un consensus. Par conséquent, on s'accorde toujours sur le plus petit commun dénominateur. C'est pour cela que cela avance très peu. Et il y a une autre COP à l'intérieur de la COP, c'est celle des coalitions. C'est celle des pays et des entreprises qui veulent aller beaucoup plus vite, qui ne cherchent pas l'unanimité", poursuit Bertrand Piccard, évoquant la kyrielle d'engagements volontaires annoncés depuis le début de la COP26 sur la réduction des émissions de méthane, la lutte contre la déforestation, etc. La fondation que le Suisse a fondée dans la foulée du tour du monde à bord de l'avion solaire "Solar Impulse" s'était fixé l'objectif d'identifier 1.000 solutions, de par le monde, pour le climat. "On a passé les 1.000 en avril 2021 et maintenant on est à 1.300 de ces solutions. Elles sont toutes économiquement rentables, elles créent des emplois et en même temps, elles permettent de protéger l'environnement", s'enthousiasme Bertrand Piccard, qualifiant ces solutions de "boîte à outils que l'on amène aux gouvernements pour leur permettre d'atteindre leur but plus rapidement". "C'est la théorie du piranha", poursuit le Suisse. "Quand vous avez un piranha qui vous mord, ça vous fait pas mal, c'est un petit poisson. Mais si vous en avez 1.300 qui arrivent, vous êtes réduits à l'état de squelette en deux minutes. Les 1.300 solutions que l'on a identifiées dans le monde, c'est exactement la même chose, il n'y en a pas une qui va sauver le monde mais toutes ensemble, elles vont contribuer énormément à diminuer les émissions de CO2, à être plus efficients, à avoir moins de déchets, des énergies plus propres..." Certaines de ces solutions "labellisées" Solar Impulse sont d'ailleurs mises en oeuvre en Belgique. La Wallonie a noué un partenariat avec la fondation, de même que la Ville de Bruxelles. "La première solution qui a été amenée à la Ville de Bruxelles, c'est une solution belge pour identifier les fuites d'eau dans les circuits d'eau publics. En un mois, cette solution avait déjà été rentabilisée par les milliers de mètres cubes d'eau qui avaient été économisés." Bertrand Piccard lance enfin un appel aux décideurs, notamment belges, à travailler avec la fondation Solar Impulse pour "construire un guide de solutions" adapté à leur pays, à leur région ou à leur ville. "Cela permet d'offrir nos connaissances, notre know-how, notre expertise à ceux qui en ont besoin." (Belga)