Ce rapport examine les conditions dans lesquelles ont été expulsés 46 Afghans déboutés de leur demande d'asile dans la nuit du 14 août 2018 à bord d'un avion qui a effectué un vol charter entre Munich et Kaboul coordonné par Frontex, l'agence européenne des frontières. Une centaine de policiers étaient dans l'appareil, ainsi que trois membres du CPT. Tout en soulignant que l'expulsion a été globalement opérée de façon professionnelle, le CPT met en exergue l'utilisation de deux techniques par des policiers pour maîtriser un Afghan agité, l'une consistant à passer un bras autour de son cou en lui coupant momentanément la respiration, l'autre à lui comprimer les parties géniales. "Maltraiter une personne en lui pressant les parties génitales, une technique qui vise clairement à infliger une douleur violente afin d'obtenir l'obéissance, est à la fois excessif et inapproprié", estiment les experts du CPT, qui soulignent également que tout usage de la force doit éviter d'infliger une sensation d'asphyxie. Le CPT "recommande que les autorités allemandes prennent des mesures immédiates pour mettre fin à l'utilisation de ces deux techniques" par les policiers fédéraux. Berlin a signé en 2016 un accord avec Kaboul pour expulser les Afghans déboutés du droit d'asile. Ces expulsions suscitent la controverse en Allemagne en raison de la violence qui règne en Afghanistan. Le CPT est chargé de veiller au respect par les 47 Etats membres du Conseil de l'Europe de l'interdiction de la torture et des traitements inhumains et dégradants dans tous les lieux où des personnes sont privées de liberté. (Belga)