Les émeutes, qui surviennent en plein ramadan, ont éclaté dans la province du Nord-Ouest. Le 21 avril, des attentats contre trois églises et trois hôtels de luxe, revendiqués par le groupe djihadiste Etat islamique, avaient tué 258 personnes. Les violences ont commencé dimanche, notamment à Chilaw (80 km au nord de Colombo). Lundi, dans le district de Puttalam, un musulman âgé de 45 ans a été lynché dans son atelier de menuiserie, selon la police. Ailleurs, des groupes ont attaqué des magasins, habitations et véhicules appartenant à des musulmans, ainsi que des mosquées. Un couvre-feu national imposé lundi soir a été levé mardi matin sauf dans la province du Nord-Ouest. Dans un district voisin, celui de Gampaha, un commerçant d'électronique de la ville de Minuwangoda (45 km au nord de Colombo) a assuré à l'AFP par téléphone que lundi "des hommes à moto ont lancé les violences. Ils n'étaient pas de la ville". Selon lui, "ils ont commencé à vandaliser des magasins musulmans et à jeter des cocktails Molotov puis les habitants se sont joints à eux". Les forces de sécurité ont fini par tirer en l'air pour disperser la foule. Le blocage de l'accès aux réseaux sociaux imposé lundi à Facebook, WhatsApp, YouTube et Instagram a été étendu mardi à Twitter, ont indiqué des fournisseurs de service internet. Il vise à limiter la diffusion de messages incitant à la violence. Dans une allocution télévisée lundi soir, le Premier ministre Ranil Wickremesinghe a estimé que les émeutes pouvaient entraver l'enquête sur les attentats de Pâques. L'état d'urgence a été déclaré après les attentats, renforçant les pouvoirs des forces de sécurité. Cinquante-six suspects restent détenus. De son côté, le chef de la police Chandana Wickramaratne a lancé à la télévision un avertissement aux émeutiers, soulignant que les policiers avaient pour instruction d'utiliser la force maximale. (Belga)