"Nous sommes ''safe'', a assuré ce week-end Arnaud Feist, PDG de Brussels Airport. "Et si nous ne l'étions pas, ajoute-t-il, nous n'aurions pas reçu toutes les autorisations requises pour exercer notre activité." De son côté, le Premier ministre Charles Michel a affirmé, la veille de la démission de Jacqueline Galant, sa ministre de la Mobilité, que son gouvernement prenait "très au sérieux la sûreté et la sécurité dans les aéroports". Pour autant, à Bruxelles-National, dévasté le 22 mars par une attaque terroriste, la sécurité laisse encore à désirer. Nous avons pu nous en rendre compte. Certes, les véhicules qui se rendent à l'aéroport sont filtrés par les forces de l'ordre. Le long du boulevard qui conduit à l'aéroport stationne une voiture de police équipée d'une caméra permettant la lecture automatique des plaques d'immatriculation. Des contrôles de passagers sont effectués par les policiers et mi...

"Nous sommes ''safe'', a assuré ce week-end Arnaud Feist, PDG de Brussels Airport. "Et si nous ne l'étions pas, ajoute-t-il, nous n'aurions pas reçu toutes les autorisations requises pour exercer notre activité." De son côté, le Premier ministre Charles Michel a affirmé, la veille de la démission de Jacqueline Galant, sa ministre de la Mobilité, que son gouvernement prenait "très au sérieux la sûreté et la sécurité dans les aéroports". Pour autant, à Bruxelles-National, dévasté le 22 mars par une attaque terroriste, la sécurité laisse encore à désirer. Nous avons pu nous en rendre compte. Certes, les véhicules qui se rendent à l'aéroport sont filtrés par les forces de l'ordre. Le long du boulevard qui conduit à l'aéroport stationne une voiture de police équipée d'une caméra permettant la lecture automatique des plaques d'immatriculation. Des contrôles de passagers sont effectués par les policiers et militaires qui surveillent les accès au site. Les voitures qui déposent ou viennent rechercher des passagers sont désormais dirigées vers des parkings. Des patrouilles supplémentaires mixtes (policiers/militaires) ont été déployées aux abords et dans les bâtiments de Brussels Airport.À deux pas du tarmac...De l'autre côté de l'ancien bâtiment du terminal se poursuit le chantier de construction d'un immeuble de bureaux. Les camions y circulent en tous sens, à deux pas du tarmac, et les ouvriers qui sont à l'oeuvre ne semblent pas avoir sur eux le moindre badge. Un peu plus loin sur la droite, la barrière d'accès qui mène au parking du bâtiment-hangar de Jetairfly, le long de la piste d'atterrissage, se soulève automatiquement, sans avoir besoin de scanner un badge.Plus étrange encore : sur une route qui longe les pistes, une grille est restée grande ouverte pendant plusieurs jours après les attentats. Elle est à présent fermée par une simple chaîne et un cadenas. A cet endroit-même, en février 2013, des braqueurs ont pénétré sur le tarmac à bord de deux voitures. Lourdement armés, ils ont attaqué les agents d'un fourgon de la Brink's en train de charger un coffre de diamants dans un avion en partance pour Zurich. Depuis lors, des blocs de béton ont été disposés au pied du grillage d'enceinte qui double la grille, pour éviter qu'un véhicule puisse encore l'endommager et arriver sur les pistes.Plus loin, sur la même route, une barrière a été démolie. Elle vient d'être remplacée. De l'autre côté de la zone cargo, il est possible, entre deux bâtiments, de s'approcher des pistes. Une table en bois et des conteneurs permettraient même de franchir les grillages. Ou, à tout le moins, de se livrer à divers trafics, avec des complicités éventuelles à l'intérieur de la zone aéroportuaire. Plus loin encore, près du centre fermé 127 bis de Steenokkerzeel, il est possible de passer sous les grilles d'enceinte de l'aéroport, à trois ou quatre endroits où la terre semble avoir été creusée.ManquementsOn se rappelle de la lettre ouverte qu'une centaine d'agents de la police fédérale qui travaillent à Zaventem ont envoyé à leur hiérarchie juste après les attentats. Ils exprimaient leur frustration. Selon eux, "l'absence de sécurisation a pu être mise à profit par ceux qui ont reconnu le terrain pour les terroristes". Ils pointaient l'absence de contrôle aux emplacements "kiss and ride" - les voitures pouvaient se rapprocher du bâtiment sans aucune surveillance-, ou encore le fait qu'une grande partie des travailleurs occupés au centre de tri des bagages sur le tarmac auraient un passé judiciaire.